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Face aux images sexuelles générées par Grok, la Commission européenne accélère son enquête sur X

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Lu il y a 4 minutes



Bruxelles a prononcé une “ordonnance de conservation” obligeant le réseau social à garder à la disposition des enquêteurs “tous ses documents internes relatifs à Grok, et ce jusqu’à la fin 2026″. Une telle mesure avait déjà été prise en mars 2025, alors que la plateforme était soupçonnée de manipuler le débat public sur le sol européen.

L’enquête de Bruxelles sur le réseau social X se poursuit. Mieux, cette procédure ouverte officiellement le 18 décembre 2023, en vertu du Digital Services Act (DSA), se densifie. Jeudi 8 janvier, la Commission européenne a annoncé par la voix d’un de ses porte-parole accélérer son investigation et prendre contre la plateforme d’Elon Musk une “ordonnance de conservation”.

Alors qu’elle a provoqué l’ire de régulateurs du monde entier en laissant son outil d’intelligence artificielle (IA) Grok générer des milliers de contenus sexuellement explicitesnotamment en détournant les images de personnes mineures et de femmes, l’entreprise X Corp. est ainsi contrainte “de conserver tous ses documents internes relatifs à Grok, et ce jusqu’à la fin 2026« .

X déjà dans le viseur de Bruxelles

“Concernant la génération d’images à caractère sexuel d’enfants par Grok, nous avons été très clairs : [c’est] illégal, inacceptable, écœurant »a commenté de son côté Thomas Regnier, porte-parole de l’exécutif européen chargé de la souveraineté technologique, la défense, l’espace, la recherche et l’innovation, dans une publication sur LinkedIn, le 8 janvier.

Affirmant que Bruxelles a “déjà envoyé à X une demande détaillée d’informations sur Grok” dont les réponses sont à l’étude, il a confirmé la mesure de conservation visant le réseau social. En théorie, cette procédure permet à l’institution du Vieux Continent de s’assurer juridiquement que les documents concernant Grok ne soient pas supprimés pendant l’enquête.

Comme le rappelle le quotidien Le Mondela Commission européenne avait déjà imposé l’an dernier une mesure identique à X Corp, dans le cadre de la même enquête. Elle avait ainsi ordonné à la plateforme de conserver précieusement ses documents internes sur ses algorithmes, alors que la plateforme était soupçonnée de manipuler le débat public sur le sol européen.

Une autre enquête en France

Cette fois, les griefs sont tout autres. X se voit reprocher les milliers d’images sexuelles, pouvant parfois être qualifiées de deepfakes pornographiques, générées par son outil d’IA à la demande d’internautes. Pendant les fêtes de fin d’année, alors que la pratique se répandait, elles représentaient 53% des images générées par Grok, selon un rapport de l’ONG AI Forensics dévoilé par Le Monde.

X, qui a fusionné avec la société d’intelligence artificielle xAI d’Elon Musk en mars 2025pourra-t-il à ce titre être reconnu comme doublement fautif dans cette affaire, qu’Elon Musk n’a par ailleurs eu de cesse de tourner en dérision ? Le 5 décembre dernier, l’entreprise avait déjà été sanctionnée par Bruxelles d’une amende de 120 millions d’euros pour d’autres infractions au DSA.

Le réseau social, qui n’a toujours pas réglé ce problème de génération d’images sexuelles non consenties et pédopornographiques pour certaines, n’est d’ailleurs pas au bout de ses peines. En France, le parquet de Paris a annoncé début janvier avoir étendu son enquête visant X et Groklaquelle avait déjà été élargie en novembre à des propos négationnistes tenus par l’IA.



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