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La branche française de Domo Chemicals est placée en redressement judiciaire

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Lu il y a 6 minutes



Alors que les trois filiales allemandes de Domo Chemicals ont été mises en faillite en fin d’année, sa société française Polytechnyl se retrouve, le 8 janvier, en redressement judiciaire après l’acceptation de la procédure par le tribunal des activités écnomiques de Lyon.

Polytechnyl, filiale française du groupe chimique belge Domo Chemicals, entre en procédure de redressement judiciare. Si le spécialiste des polyamides avait terminé l’année 2025 avec le placement de ses trois filiales allemandes sous la tutelle d’un administrateur judiciaire provisoire, sa branche en France est désormais soumise au même type de procédure, afin d’espérer pérenniser ses activités.

Deux sites dans la balance

« En France, les instances ont été consultées le 2 janvier lors d’une réunion du CSE central pour une demande de mise en redressement judiciaire », explique Laurent Chalumeau, délégué syndical central CGT Domo pour le site de Belle-Étoile (Saint-Fons). Le 8 janvier, la société est passée en audience au tribunal des activités économiques de Lyon, qui s’est montré favorable à l’ouverture d’une procédure de redressement, laquelle est assortie d’une période de six mois.

La société Polytechnyl, créée fin 2015, opère deux sites en France : le site de Saint-Fons Belle-Étoile (plus de 500 employés avant les suppressions de postes prévus en 2025), dans le Rhône, produisant du sel de nylon et son intermédiaire l’hexaméthylène diamine (HMDA), des polymères polyamides et des matériaux techniques. L’autre site, situé à Valence (plus de 130 employés), dans la Drôme, développe, produit et commercialise des fibres de polyamide 6,6. L’acquisition des deux structures découle du rachat des activités européennes Performance Polyamide de Solvay, finalisée début 2020.

Sortir d’une situation de cessation de paiement

En mars 2025, le spécialiste belge des polyamides avait annoncé l’arrêt d’une partie de ses activités de production sur son site de Belle-Étoile. Mais, visiblement, le plan social qui devait conduire à supprimer 155 postes, soit environ 30 % des effectifs du site, n’a pas suffi à pérenniser l’outil de production. Dans une note au personnel, Domo Chemicals a évoqué « l’insolvabilité des entités allemandes » et le « fonctionnement en cash pooling (trésorerie mutualisée) » du groupe qui a entraîné une cessation temporaire du versement des salaires au mois de décembre 2025 pour le site de Belle-Étoile. Au tribunal une solution a été trouvée. Les salaires seront payés et versés directement par le régime de garantie des salaires (AGS) au plus tard le 19 janvier. La partie salaire du 1er au 7 janvier est aussi prise en charge par le régime AGS, tandis qu’à compter du 8 janvier le versement des salaires incombe de nouveau à la société Polytechnyl.

« Quand on confie la branche polyamide de Solvay à un industriel financier qui n’a pas les moyens de consentir à des investissements importants… On se doutait bien qu’un jour ou l’autre, cette situation deviendrait intenable, surtout pour une installation aussi lourde que Belle-Étoile », s’agace Jacques Lacaille, représentant FNIC CGT pour le département du Rhône.

Faire un état des lieux de la situation outre-Rhin

Côté allemand, Domo Chemical emploie 585 personnes entre ses trois filiales mises en faillite : Domo Chemicals GmbH (environ 35 employés), Domo Caproleuna GmbH (environ 480 employés) et Domo Engineering Plastics GmbH (environ 70 employés). Les deux premières sociétés sont implantées dans le parc chimique de Leuna, dans l’est de l’Allemagne, où le groupe belge maintient depuis 1994 une production totalement intégrée de PA 6, allant du benzène en passant par les intermédiaires tels que le caprolactame et la cyclohexanone jusqu’à l’obtention des résines vierges et autres plastiques techniques. La troisième société, installée sur le site de Premnitz à l’ouest de Berlin, produit depuis 2004 des résines vierges de PA 6 et des composés PA 6 hautement spécialisés.

« Les opérations quotidiennes se poursuivent sur tous les sites. La production et les livraisons aux clients restent assurées sans interruption », a souligné Lucas Flöther, associé du cabinet d’avocats Flöther & Wissing, nommé administrateur judiciaire provisoire. Dans les prochaines semaines, sa tâche sera d’établir une vision précise de la situation financière des entreprises, avant d’évoquer les différentes options de restructuration. Les salaires des 585 employés des sites seront garantis pendant les trois prochains mois après la demande de mise en faillite, au titre des prestations d’insolvabilité prévues par le législateur allemand. « Cela nous offre une marge de manœuvre financière importante », a précisé Lucas Flöther.

Depuis 2024, le groupe est engagé dans une politique de restructuration en particulier en Europe, mais sans pour autant stopper sa politique d’investissements. En témoigne, l’augmentation de ses capacités de compounding ces dernières années sur des marchés plus porteurs : l’Inde et la Chine.



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