
Des spécialistes des blindés lourds de l’armée sud-africaine devenus gardes-frontières ont mis des bâtons dans les roues du secteur minier illégal du pays, en confisquant plus de 80 000 rands d’explosifs près du port d’entrée de Beitbridge.
Une patrouille à pied du 1 SA Tank Regiment armée de fusils d’assaut R4, par opposition à leur armement normal de char de combat principal (BMT) Olifant, à l’est d’une base de soutien près de la ville frontalière de Musina, a repéré le 2 janvier trois « individus non identifiés descendant du vieux pont ».
Le capitaine Moses Semono, responsable de la communication du quartier général tactique interarmées du Limpopo, raconte qu’ils ont « laissé tomber leurs sacs et se sont enfuis » en voyant les soldats.
Une inspection plus approfondie a révélé des explosifs identifiés comme étant Superpower 90 par l’unité nationale des explosifs du Service de police sud-africain (SAPS), communément appelée l’équipe anti-bombes. L’explosif est une émulsion emballée utilisée dans les applications d’amorçage et comme colonne explosive dans les mines à ciel ouvert et souterraines ainsi que dans le dynamitage général. Les photos montrent l’explosif emballé dans des tubes et évalué à R82 300 sans aucun poids total indiqué.
Bapong, à environ 30 km de Brits dans la province du Nord-Ouest, est le dernier site minier illégal à faire la une de l’actualité sud-africaine. Selon certaines informations, la police aurait arrêté plus de 1 500 mineurs illégaux – zama zamas – en décembre, et 121 d’entre eux, dont des Basotho et des Mozambicains, auraient été expulsés. Des excavatrices et autres machines utilisées pour charger et déplacer le minerai de chrome ont été confisquées à Bapong, où des fouilles pour accéder aux matériaux minéralisés étaient en cours à proximité immédiate des maisons occupées.
Des soldats de l’armée sud-africaine ont été déployés pour soutenir la police qui tente de lutter contre l’exploitation minière illégale sous la bannière Vala Umgodi. Quatre d’entre eux sont morts après une suffocation apparente alors qu’ils étaient de garde dans un conteneur d’expédition dans une mine désaffectée du Nord-Ouest en juillet dernier. Le nombre exact de soldats affectés à cette tâche n’est pas rendu public par la Force de défense nationale sud-africaine (SANDF).
Hormis de vastes étendues du Nord-Ouest, à la recherche de chrome et d’or, les zama zamas sont et ont été actifs dans les provinces de l’État libre, de Gauteng et du Cap Nord, dans ce que les porte-parole du gouvernement sud-africain appellent « un fléau ».
En plus de confisquer des explosifs et d’autres produits de contrebande, les soldats de la SANDF en mission de patrouille frontalière ont connu une période de fêtes chargée. Semono a signalé un afflux inhabituel de personnes dans le Limpopo le 26 décembre, lorsque des soldats du 1 SA Tank Regiment ont intercepté et arrêté 1 174 personnes sans papiers en provenance du Zimbabwe qui tentaient d’entrer en Afrique du Sud par des postes frontaliers illégaux.
« C’est la première fois que nos membres doivent gérer un afflux aussi massif en cette période des fêtes », a déclaré Semono, ajoutant que l’agressivité inhabituelle des individus impliqués a aggravé la situation. Le carabinier TM Mokoena a reçu un coup de couteau à l’avant-bras alors qu’il se défendait contre un sans-papiers qui tentait de l’agresser. Le soldat a pu « neutraliser » la menace sans recourir à la force meurtrière. Les personnes sans papiers ont été remises aux services d’immigration sud-africains.
Parmi les autres succès enregistrés par le 1 SA Tank Regiment, citons la confiscation de cigarettes illicites d’une valeur de 3,4 millions de rands qui étaient passées clandestinement par camion en provenance du Zimbabwe. Les marchandises illicites ainsi que le chauffeur ont été remis à la police sud-africaine pour traitement ultérieur.
Lors d’un autre incident, des soldats du 1 SA Tank Regiment près de Beitbridge ont remarqué des suspects portant des cartons suspects et, en s’approchant d’eux, ils ont laissé tomber les cartons et ont couru. Les biens abandonnés récupérés comprenaient 358 paires de baskets Nike d’une valeur de 716 000 R ; 30 paires de baskets Adidas d’une valeur de 51 000 R ; et 328 paires de claquettes Adidas d’une valeur de R295 200.
Les patrouilles frontalières ont été perturbées par un accident mortel le 25 décembre qui a coûté la vie à deux membres de la police militaire. Ils effectuaient des patrouilles de routine depuis la base de l’armée sud-africaine de Macadamia, près de la frontière entre le Mozambique et l’Afrique du Sud, à bord d’un véhicule militaire qui a été emporté lors d’une tentative de traversée d’une rivière en crue.


