La taxe carbone européenne doit être «révisée», a affirmé le président français mercredi 7 janvier, après une réunion à Bruxelles des ministres européens de l’Agriculture. Cette concession en pleine crise agricole vise à éviter une hausse de prix des intrants.
À peine le début de sa mise en œuvre progressive le 1er janvier 2026, la taxe carbone aux frontières, «sera révisée pour permettre la suspension de son application aux engrais», a assuré Emmanuel Macron sur le réseau social X (ex-Twitter) mercredi 7 janvier. «Il n’y aura pas de hausse de prix des engrais liée à la taxe carbone aux frontières», a-t-il assuré. Autre engagement obtenu de la Commission européenne, la baisse des droits de douane sur les engrais et les intrants.
Le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) doit imposer aux importateurs de produits les plus émetteurs de CO2, comme l’acier, l’aluminium, le ciment et les engrais, de s’acquitter de quotas CO2 à l’arrivée sur le marché européen. Les céréaliers demandent la suppression de cette nouvelle taxation depuis plusieurs mois, craignant une hausse des prix de ces produits en répercussion. Lors de son paquet réglementaire de la mi-décembre, la Commission européenne avait déjà concédé un allègement de la taxation sur les engrais.
Mercredi 7 janvier, Paris et Rome ont demandé en amont d’une réunion des ministres de l’Agriculture de l’Union européenne (UE) à ce que les engrais soient exclus du MACF, au moins temporairement, pour protéger les agriculteurs européens en difficulté. Après cette réunion, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a écrit que «la réponse du commissaire [européen au Commerce, ndlr] Sefcovic a été claire : la taxe carbone sur les engrais pourra être suspendue avec effet rétroactif au 1er janvier 2026».
Avec Reuters (Rédigé par Gus Trompiz et Philip Blenkinsop; version française Zhifan Liu, édité par Kate Entringer)


