La plateforme technologique d’IPC à Laval, d’une surface de 1 600 m2, dispose de nombreux procédés thermoplastiques et thermodurcissables dédiés aux travaux R&D comme le préformage, la technologie RTM (Resin Transfer Molding), l’estampage ou Fastrac.
Damien Giraud, chef de projet de développement des composites à IPC Laval fait la démonstration avec la mise en œuvre d’un tissu composé de polypropylène renforcé de fibre de verre : « cette technologie, Fastrac, est brevetée au niveau international ; elle est issue d’un projet de développement d’IPC. Pour un temps de cycle de 10 minutes, en seulement 4’30 min, la pièce est consolidée. » Un seul outillage, un moule presse, suffit pour préchauffer le moule et à le refroidir. Dans le moule sous pression, le tissu se déforme. « On peut également transformer le tissu sous vide pour éviter une éventuelle oxydation du matériau, » note Damien Giraud. Après une exposition aux rayons IR (infra rouge), la fusion est atteinte. Après un temps de refroidissement sous pression, l’ensemble flasques (coquilles métalliques qui enferment le tissu) et tissu, le démoulage peut se faire. En comparaison avec le procédé d’estampage, Fastrac produit des pièces composites à haute cadence avec une réduction des coûts (allègement par ex.), économie de matière car les empilements des tissus peuvent être réalisés à façon et, une réduction des émissions de CO2, de 10 à 15% à iso masse transformée par rapport à l’estampage.
Fastrac est une technologie à forte valeur ajoutée
Rapide et flexible, Fastrac est en cours de transfert technologique dans l’industrie. La technologie séduit en raison d’une possibilité de fonctionnaliser les matériaux composites, notamment par l’ajout d’une fonction électronique et/ou esthétique. Celle-ci peut y être intégrée directement dans les empilements du tissu ou dans les flasques avant empilement. Gilles Dennler, directeur de la recherche à IPC, énumère les avantages : « L’intégration de nouvelles fonctions dans les pièces composites améliore leurs performances, leur fiabilité, leur durée de vie et leur compétitivité.» Lors de la table ronde sur les évolutions attendues dans les composites, Stéphane Turmeau, responsable méthodes de l’entreprise Noma TD, témoigne : « l’outil numérique présente un réel intérêt pour optimiser les performances de fabrication et gagner en productivité.» Noma TD est spécialisée dans la fabrication des pièces composites et propose à ses clients des solutions adaptées aux exigences mécaniques, fonctionnelles et esthétiques. Dans l’aéronautique, Anne Balquet, responsable cellule intelligence économique d’IPC, et François Dupont, responsable du site IPC Laval, ont évoqué l’exemple de l’entreprise canadienne Maya HTT qui, grâce à la digitalisation des procédés composites pour améliorer la durabilité de leurs pièces, ont conçu en 15 minutes des moules, inserts et canaux de refroidissements pour le moulage par compression.


