Ad image

Les gobelets jetables contenant du plastique ont encore quatre ans devant eux

Service Com'
Lu il y a 3 minutes



Le ministère de la Transition écologique justifie la validation du report de l’échéance de 2026 à 2030 par l’absence d’«alternative pleinement opérationnelle».

«Reconnaissance du principe de réalité» pour les uns, «nouveau recul dans la lutte contre la pollution plastique» pour les autres: l’arrêté reportant l’échéance d’interdiction des gobelets en plastique à usage unique du 1er janvier 2026 au 1er janvier 2030 a été publié le 30 décembre 2025. L’interdiction découlait pourtant de la loi Antigaspillage pour une économie circulaire (Agec) et de la transposition de la directive européenne sur les produits en plastique à usage unique (SUP). Le gouvernement, via les ministères de l’Economie et de la Transition écologique, invoque un problème de «faisabilité technique d’une absence de plastique dans les gobelets».

Analyse technique

L’issue était certaine. Une consultation publique, menée sur la base du bilan d’étape prévu par l’arrêté du 24 septembre 2021 et clôturée le 22 décembre 2025, et une «analyse technique approfondie» ont conclu, selon le gouvernement, qu’«aucune alternative pleinement opérationnelle ne permet aujourd’hui une production industrielle de gobelets réellement sans plastique dans des conditions satisfaisantes pour les consommateurs, les entreprises et les exigences sanitaires». Certes, les industriels ont «réalisé de vrais progrès», constate l’exécutif. De citer les revêtements cellulosiques, le greffage de composés naturels, des dépôts minéraux… «Mais aucune technologie n’est aujourd’hui suffisamment mûre pour être déployée à grande échelle dès 2026» et pour répondre à la définition des polymères de la directive SUP. Il rappelle que plusieurs conditions doivent être réunies pour garantir un produit «fiable et sûr»: «une parfaite étanchéité, une fabrication robuste, une conformité sanitaire irréprochable, un recyclage efficace, et des coûts soutenables pour les entreprises». L’échéance est donc repoussée de quatre ans, avec un nouveau bilan d’étape prévu en 2028 «pour suivre la progression du secteur», les deux ministères tenant à souligner que leur ambition est bel et bien d’aboutir à la commercialisation de gobelets «sans plastique ou ne contenant que des traces résiduelles».

Par conséquent, les gobelets à usage unique contenant jusqu’à 8% de plastique – taux en vigueur depuis 2024 – restent autorisés. Selon les données du ministère de la Transition écologique, ils s’en utilisent 620 millions par an en France.

Au-delà des interprétations évidemment divergentes de ce report, une unanimité se dessine autour d’«un manque de fermeté de la classe politique» et d’un «désordre législatif organisé».



Source link

Share This Article
Laisser un commentaire