
Le constructeur de machines d’emballage est désormais détenu à 65% par le groupe transalpin. Ce dernier renforce son positionnement en France et dans l’alimentaire alors que le groupe breton va développer son offre dans les ensacheuses verticales et le flowpack.
L’italien Sacmi, spécialisé dans les machines pour l’industrie de la céramique, la plasturgie et l’emballage, est le nouvel actionnaire majoritaire du groupe Emballage Technologies. L’opération, dont le montant financier n’a pas été rendu public, a été réalisée via sa filiale Sacmi Packaging & Chocolate. Le constructeur italien s’octroie 65% des actions du groupe, le complément restant entre les mains du fondateur Pierrick Doux et du dirigeant actuel Tugdual Bird. « Cela fait un an maintenant que nous préparions cette transition qui fait suite au départ à la retraite de Pierrick Doux » explique Tugdual Bird. Il ajoute : « Nous connaissons bien Sacmi, puisque nous travaillons avec eux depuis 2019 sur des projets en Pologne, son assise financière et internationale va nous aider à nous développer ».
Basé à Saint-Evarzec (Finistère) et composé des sociétés Etpack, Sermatec et Pactisoud, le groupe Emballage Technologies emploie 138 personnes en France pour un chiffre d’affaires de 35 millions d’euros et une base installée de 7000 machines. Si Etpack intervient davantage dans les machines d’emballage secondaires, avec des systèmes qui permettent de regrouper et d’emballer les produits sous carton, Sermatec, racheté en 2016, propose une expertise plus générale, allant du conditionnement primaire jusqu’à l’étiquetage, tandis que Pactisoud est davantage axé sur l’ingénierie, le process et la transitique.
Synergies mutuelles
L’opération présente un triple intérêt pour Sacmi. Elle lui permet tout d’abord de s’ancrer industriellement sur le territoire français et, ensuite, de renforcer son positionnement sur le marché alimentaire, un secteur d’activité où Emballages Technologie est très présent et qui constitue un axe de développement stratégique pour le groupe italien. Ce dernier peut également compléter son offre dans l’emballage secondaire.
Emballage Technologies, pour sa part, pourra compter sur la « sécurité » offerte par un grand groupe coopératif, présent dans une cinquantaine de pays dans le monde et réalisant un chiffre d’affaires de 1,7 milliard de chiffre d’affaires avec un effectif de près de 5000 personnes. Ce rachat donne aussi l’occasion au groupe breton de mieux se développer à l’export, aux États-Unis notamment, et dans les pays de l’Est de l’Europe. Enfin, dans un secteur qui tend à se concentrer toujours plus, Emballages Technologies pourra compter sur la force d’un grand groupe pour se confronter aux compétiteurs les mieux armés qu’il s’agisse de Syntegon ou de Schubert par exemple. « Le marché est en train de se transformer, observe Tugdual Bird, les petits constructeurs ont moins de chance de se positionner face à des clients qui, eux-mêmes, évoluent vers des grands groupes, avec Sacmi nous aurons plus de poids dans les négociations, cela assure notre pérennité ».
Une offre commune
Les deux entreprises devraient travailler très prochainement sur une offre commune. Cette évolution passera par le démarrage des activités de construction de machines de conditionnement de petite et moyenne cadence, typiquement des ensacheuses verticales et des flowpack, dans les ateliers de Sermatec dans la Manche ce qui constitue une nouveauté pour la filiale normande. Le projet prévoit d’importer en France les modules mécaniques fabriqués par Pack Sud, l’une des filiales de Sacmi, située à Terlizzi, dans les Pouilles (Italie), puis de les assembler, de les câbler et de les motoriser en France afin de les personnaliser selon les besoins des clients hexagonaux. Initialement destinées aux clients français, ces machines pourraient ensuite partir à l’export. De son côté, Emballages Technologies pourrait beaucoup apprendre de son nouvel actionnaire dans le domaine des machines à hautes cadences.
Grâce à la contribution du groupe Emballage Technologies, l’activité de Sacmi dans les machines d’emballage augmente de 200 à 235 millions d’euros. le groupe italien visant, à terme, les 300 millions d’euros.


