Suivez l’évolution des marchés automobiles français et européen mois après mois grâce au tableau de bord de L’Usine Nouvelle.
Les infos à retenir
S’il reste loin des 2,2 millions de voitures vendues en 2019 à la veille de la pandémie, le marché automobile français a retrouvé des couleurs en 2023, avec 1,75 million de véhicules particuliers immatriculés. Cette tendance était appelée à se poursuivre en 2024. De fait, bien qu’affichant un rythme haussier moins soutenu, elle ne s’est pas démentie sur les six premiers mois de l’année avec 1 125 499 voitures immatriculées dans l’Hexagone, soit une modeste hausse de 2,8%. Mais après un début d’année en fanfare marqué par le vif succès de l’opération gouvernementale de «leasing électrique», le marché français marque le pas et les ventes s’effondrent.
Les chiffres mensuels offrent une vision de cette évolution contrastée. Dans le détail, 122 285 voitures particulières ont été immatriculées en janvier, soit une hausse de 9% par rapport à 12 mois plus tôt. Le mois de février est venu confirmer cette orientation à la hausse, avec 142 597 ventes enregistrées, en hausse de près de 12% par rapport à février 2023. Le marché a cependant connu un mois de mars en léger repli par rapport à 12 mois plus tôt (-1,47%), avec 180 024 voitures immatriculées. Malgré un rebond en avril (146 977 véhicules particuliers immatriculés, +10,92%), rebelote en mai et en juin avec un recul de 2,91% (141 298 immatriculations) et de 4,79% (181 712 immatriculations) respectivement. La tendance s’est poursuivie en juillet, avec un recul de 2,3% (126 037 immatriculations) et s’est accentuée en août (85 977 véhicules vendus) avec une baisse des immatriculations de 24,3% par rapport au mois d’août 2023 (qui avait été particulièrement dynamique et comptait un jour ouvré de plus). La rentrée de septembre n’a pas permis d’inverser la vapeur, le marché affichant un déclin de 11,07% (139 004 immatriculations). La chute a été équivalente en octobre, le marché chutant cette fois de 11,06% (135 529 voitures particulières vendues). Novembre n’aura pas dérogé à cette nouvelle donne : le marché a chuté pour le septième mois consécutif, à -12,7% (133 318 voitures immatriculées). Le marché automobile a terminé l’année avec un léger mieux en décembre, comptabilisant 183 662 immatriculations, en hausse de 1,5% en glissement annuel. Un dernier mois en positif qui ne permet pas d’inverser la vapeur : au total, le marché français s’établit en repli de 3,2% en 2024, avec 1,72 millions de véhicules particuliers vendus.
Et du côté des motorisations ? En France comme en Europe, la pénétration des véhicules électriques dans le mix énergétique (16,8% des immatriculations en France et 14,6% au niveau européen en 2023) doit continuer à croître jusqu’à éclipser totalement les moteurs thermiques en 2035. Mais étonnamment, 2024 n’est pas une année porteuse pour l’électrique, tant et si bien que les acteurs du secteur quémandent une révision ou la suspension des sanctions prévues par la réglementation CAFE, la norme CO2 de l’Union européenne. En début d’année, constructeurs, équipementiers et experts du marché automobile s’attendaient à un «plateau» des ventes (comprendre : un rythme haussier moins soutenu que les années précédentes) alors que le véhicule électrique reste onéreux et que les premiers adeptes ont pour la plupart déjà franchi le pas. Sur l’ensemble de l’année 2024, cette tendance fait plus que se confirmer : les ventes de véhicules électriques à batterie sont en retrait, représentant 12,5% des ventes au niveau européen contre 14,6% en 2023.
«Comme nous, les constructeurs automobiles et les prévisionnistes indépendants ont été trop optimistes quant au rythme d’adoption des BEV en Europe», écrivait la banque d’investissement suisse HSBC dans une note publiée fin février 2024. Un nouveau sursaut des ventes était attendu en fin d’année 2024, il devrait désormais arriver en première partie d’année 2025, lorsque les constructeurs commercialiseront de nouvelles générations de véhicules électriques plus abordables. Les français Renault et Stellantis s’attendent ainsi à un second semestre plus solide grâce à l’arrivée de Rafale, Scenic, R5 ou A290 chez le premier et 3008, 5008, ëC3 et C3 Aircross pour le second).


