Ad image

Branché à l’accélérateur de particules du CERN, ce réseau de chaleur va alimenter près de 6000 logements en Auvergne-Rhône-Alpes

Service Com'
Lu il y a 3 minutes



Le pays de Gex (Ain), en périphérie de Genève, a inauguré son réseau de chaleur et de froid, branché sur l’accélérateur de particules du CERN, le vendredi 12 décembre. L’opération embarque de la géothermie conçue par Celsius, filiale de Schlumberger.

L’agglomération du pays de Gex (Ain), dans la périphérie française de Genève, a inauguré vendredi 12 décembre, à Ferney, Voltaire, l’un des plus grands réseaux de chaleur de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Sous l’égide de l’agglomération et avec le soutien du fonds chaleur de l’Ademe, l’investissement global atteint 47 millions d’euros pour alimenter quelque 5800 logements, un centre nautique et des bureaux. Sa puissance maximale atteindra 45 GWh par an.

Son originalité réside dans l’utilisation de la chaleur fatale de l’accélérateur de particules du CERN (Centre européen pour la recherche nucléaire). Construit par Dalkia et exploité par une société d’économie mixte, ce réseau relève du «cerveau énergétique», selon Jérôme Aguesse, directeur de Dalkia en région Centre-Est.

Couplage de plusieurs sources d’énergies

Le défi réside dans le couplage de plusieurs sources, à savoir la chaleur fatale du CERN captée à basse température, avec la géothermie dont l’installation est fournie par le français Celsius, filiale de Schlumberger. De la chaleur d’un datacenter et celle d’une chaufferie biomasse en appoint complètent l’ensemble. «Ce qui suppose un pilotage intelligent pour convertir en temps réel ces sources complexes en un confort fiable et constant», résume Jérôme Aguesse.

Les sondes de Celsius plongent à 200 mètres sous la surface. Sur les 173 prévues, 27 sont réalisées. Elles conduisent l’énergie vers deux échangeurs de 5 MW, soit 10 MW au total. Cet investissement d’1 million d’euros est porté par le CERN. L’organisme de recherche publique revend son énergie à prix coûtant.

Raccordement à Genève prévu d’ici à 2030

Ce réseau de chaleur intègre un stockage d’énergie, ajoute Gilles Bouvard, directeur de Terrinov, la société publique d’aménagement de l’agglomération de Gex. «Le sol est utilisé comme une batterie. La chaleur excédentaire est stockée dans le sol, l’été, grâce aux sondes géothermiques, elle est rendue à l’installation l’hiver pour produire du chaud», précise-t-il.

D’ici à la fin de la décennie, l’intercommunalité de Gex espère se raccorder au réseau Genilac de Genève, qui est exploité par les Services industriels genevois (SIG). «On est un peu excédentaires en chaleur, eux en froid, l’intérêt sera d’équilibrer nos échanges tout au long de l’année», envisage Gilles Bouvard, directeur de Terrinov. De quoi resserrer les liens transfrontaliers.



Source link

Share This Article
Laisser un commentaire