
En juin, le groupe normand de plasturgie Demgy, implanté en Allemagne et en Roumanie, a renforcé sa présence aux États-Unis en acquérant Tool Gauge, rebaptisé Demgy Pacific, fournisseur de rang 1 de Boeing. Le site qui livre aussi la défense et le spatial est son second outre-Atlantique.
«L’opération remonte à plus d’un an et demi. Elle est décorrélée de l’élection de Donald Trump», précise Pierre-Jean Leduc, le PDG de Demgy.
Un pied aux Etats-Unis depuis dix ans
Il y a dix ans, c’est à Chicago (Illinois) que l’entreprise s’était installée pour se développer dans le médical et, déjà, dans l’aéronautique et la défense. En 2026, le groupe réalisera peu ou prou 140 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 30 % aux États-Unis. «Je poursuis notre stratégie américaine», affirme le patron.
Une stratégie payante, en ce moment. «Avec nos implantations ici, je nous considère globalement protégés, car si nous étions en Europe, vendre aux États-Unis serait impossible à cause des frais de douane.» Il répercutera les 15 % de taxes de ses quelques plastiques importés d’Europe sur ses clients.
Porté par la reprise d’activité de Boeing, le groupe enregistre cependant quelques ralentissements dans le médical. «L’activité est globalement bonne mais n’explose pas. On a pas mal de projets suspendus», observe le patron sans s’alarmer.
Plus préoccupé par l’inflation rampante dans un pays où la vie est déjà chère, il prévoit d’augmenter de 4 % par an sa masse salariale dans les années à venir. Et assure rester vigilant, car les États-Unis pourraient bien accroître leurs exportations si le dollar était affaibli. Tout en se félicitant du plein-emploi, il pointe le risque d’une tension sur les embauches si de nombreux travailleurs étrangers étaient renvoyés et si la relocalisation d’activités, voulue par Donald Trump, se matérialisait. #


