Dans les Ardennes, un contrôle inédit a visé l’usage des talkies-walkies à la chasse. Derrière un loisir, l’État rappelle un point sensible : une fréquence illégale peut brouiller des services critiques et provoquer un déni de service.
Le samedi 20 décembre au matin, une opération inter-services a contrôlé les fréquences radio utilisées par des chasseurs, sous la direction de la procureure de la République près le tribunal judiciaire de Charleville-Mézières. L’action a mobilisé la gendarmerie des Ardennes, l’OFB et l’ONF_08 ainsi que l’ANFR, via sa Direction du Contrôle du Spectre. Le cadre rappelle que la Fédération de chasse met à disposition des fréquences encadrées par le SDGC, pour la chasse en battue au grand gibier.
Un contrôle « spectre » qui rappelle une réalité souvent ignorée
Le contrôle décrit n’a rien d’un simple rappel à l’ordre. Il s’inscrit dans une logique de sûreté et de continuité des communications. Le samedi 20 décembre, en début de matinée, l’ANFR et plus précisément sa Direction du Contrôle du Spectre, a participé à une opération coordonnée avec plusieurs acteurs, gendarmerie des Ardennes, OFB et ONF, sous l’autorité de la procureure de la République de Charleville-Mézières. L’objectif annoncé est clair : vérifier les fréquences utilisées par les chasseurs.
Le texte rappelle le cadre local : la FDC met à disposition plusieurs fréquences, indiquées dans le schéma départemental de gestion cynégétique, SDGC, au chapitre consacré à l’usage du talkie-walkie à la chasse. Et il précise une limite : cet usage n’est autorisé que dans le cadre de la chasse en battue de grand gibier, pour des raisons de sécurité et d’organisation. Sortir de ce cadre, ou utiliser une fréquence sans les autorisations nécessaires, bascule dans l’illégal. L’infraction est qualifiée de délit, avec une référence explicite, article L39-1 du code des postes et des communications électroniques.
Pourquoi une fréquence illégale peut devenir un « incident cyber »
L’intérêt de ce dossier, vu sous l’angle cyber-renseignement, est qu’il relie directement le monde radio à des conséquences typiques des attaques numériques. Le texte insiste : l’usage illégal d’une fréquence peut provoquer le brouillage de services civils et militaires de l’État, qui utilisent légalement les bandes concernées. Et ce brouillage est lui-même présenté comme un autre délit.
Mais surtout, la description fait un pont vers le numérique. Une fréquence n’est pas seulement une « voix » dans un talkie. Elle peut porter de la donnée, ou servir de support à des systèmes qui dépendent d’une transmission fiable. Le texte explique qu’un usage interdit peut entraver, voire empêcher, le fonctionnement d’applications informatiques et d’infrastructures qui reposent sur une bonne réception ou transmission de données ou de voix. La conséquence « par ricochet » est explicitée : une utilisation illégale peut provoquer un déni de service, comparable, dans ses effets, à une attaque DoS et/ou DDoS visant à rendre un service indisponible comme ont pu le connaître, ces derniers jours, des services web de La Poste, le site Internet de la prévention routiére ou plusieurs espaces web d’aéroports.
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Des IoT aux loisirs : la pression sur le spectre monte
Le dernier volet est une mise en perspective : les chasseurs n’imaginent pas que leur pratique puisse toucher à des infractions qu’on associe plutôt à la cybercriminalité. Pourtant, avec la montée de l’internet des objets, les besoins en fréquences se multiplient. Cette phrase fait office d’avertissement : plus le spectre est dense, plus une utilisation non maîtrisée peut générer des collisions, des interférences et des indisponibilités, même sans intention malveillante.
Dans une lecture « défense », cela renvoie à un risque de surface d’attaque élargie : toute activité radio non conforme peut devenir, volontairement ou non, un perturbateur de services. Le contrôle de l’ANFR sert alors de prévention : rappeler que le spectre est une ressource partagée, critique, et que les consignes d’usage ne sont pas décoratives.
Ce contrôle illustre une convergence rarement racontée : le brouillage radio peut se traduire en défaillance numérique, donc en déni de service, avec des impacts réels. L’ANFR, la gendarmerie, l’OFB et l’ONF rappellent que l’usage des fréquences à la chasse est strictement encadré, et que l’illégal est un délit. La question cyber à retenir est directe : à mesure que les objets connectés et les communications critiques se multiplient, combien d’incidents de terrain peuvent encore être évités simplement par une discipline stricte sur le spectre ?
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