
Dans le Cher, le fabricant de missiles MBDA s’est rapproché de ses partenaires pour mener des opérations de recrutement mutualisées. Chacun y trouve son compte.
Pas simple de recruter un usineur dans le Cher. Or plusieurs entreprises en ont cruellement besoin pour relever leur défi industriel. Comme le fabricant européen de missiles MBDA, qui doit répondre aux impératifs du «produire plus» imposés par l’économie de guerre.
«Notre ambition est de recruter cette année 900 personnes en CDI en France, dont 300 dans le département. Cela concerne essentiellement des emplois de production sur des profils pénuriques comme le métier d’usineur», précise Coralie Guerton, la responsable de l’attractivité à la direction RH de MBDA pour la région Centre.
Son partenaire Seco Tools, dont les 220 salariés à Bourges fabriquent des outils coupants (fraises, tarauds…), rencontre la même problématique. L’usine a dû faire face à une forte augmentation de son activité, suite à la fermeture d’un site de l’entreprise en Suède. «Il était nécessaire de recruter 15 usineurs», explique Hélène Rossignol, du service RH de Seco Tools.
Une relation gagnant-gagnant
Pour mettre en place des recrutements plus importants, MBDA ainsi que plusieurs de ses partenaires (Seco Tools, FFDM Tivoly et Berthelot) ont décidé fin 2023 de mutualiser leurs besoins. Chacun y trouve son compte. «Notre montée en puissance dépend de celles de nos fournisseurs locaux. C’est important pour nous d’être attentifs à leur développement, à leur solidité et à leur capacité à recruter», précise Coralie Guerton. Les partenaires, eux, bénéficient pleinement de l’image du grand donneur d’ordres, premier employeur privé du Cher.
Après avoir identifié et quantifié leurs besoins, les directions RH les ont transmis à leurs prestataires de recrutement et de formation habituels : France Travail, l’Association de formation professionnelle de l’industrie (Afpi) et une agence locale d’emploi. La méthode de recrutement par simulation (MRS), fondée sur les habiletés des candidats plutôt que sur leurs diplômes, a été retenue. «Cela permet d’élargir notre vivier de recrutement», se félicite Coralie Guerton. Il faut environ neuf mois pour former un usineur.
Les résultats sont au rendez-vous. Les partenaires ont organisé deux sessions de recrutement depuis le lancement de l’initiative. La première, en 2023, a permis d’embaucher 8 usineurs au profit de quatre entreprises, la seconde, en 2024, d’en embaucher autant au profit de deux entreprises. Les partenaires élargissent désormais cette initiative à d’autres métiers que l’usinage : le montage, l’ajustage et le contrôle de pièces. #


