
Vivre plus longtemps, mais surtout vivre en meilleure santé : telle est la promesse des start-up de la longévité, positionnées à la croisée de la santé, de la nutrition et de la technologie. Pour le deuxième épisode de cette série, L’Usine Nouvelle s’est intéressée à la start-up suisse Avea, qui entend se faire une place sur le marché encore naissant des compléments alimentaires dédiés à la longévité.
Améliorer la santé cellulaire, stimuler la production de collagène ou réduire les douleurs articulaires : telles sont quelques-unes des promesses portées par les compléments alimentaires développés par Avea. Comme nombre d’acteurs du secteur, la jeune pousse helvète mise sur une approche se voulant scientifique pour se distinguer dans un univers où la frontière entre recherche, marketing et bien-être est parfois ténue.
La montée en puissance des produits «validés» scientifiquement
Déjà bien installé outre-Atlantique, où la concurrence est féroce, le marché de la longévité gagne progressivement du terrain en Europe, avec une croissance annuelle estimée entre 3 et 5% d’ici à 2030. «Les consommateurs ne veulent plus seulement des cosmétiques, mais des preuves scientifiques. Il y a une vraie tendance à l’émergence de produits fondés sur les dernières recherches, qui obtiennent aujourd’hui 2,5 fois plus de financements que les cosmétiques naturels», analyse Stéphanie Jandard, directrice exécutive spécialiste de la beautytech chez Accenture.
Une attente que semble avoir bien comprise Avea. Sur son site internet, la start-up met en avant les biographies de pas moins de dix consultants scientifiques, tous médecins ou pharmacologues diplômés de grandes universités. La pépite, qui revendique un chiffre d’affaires de 20 millions d’euros, commercialise ses produits en vente directe aux particuliers, mais aussi dans les hôtels de luxe et les spas de palaces.
Une croissance portée par l’international
Face à un marché nord-américain déjà bien occupé, Avea concentre aujourd’hui ses ventes sur la Chine, la Suisse, l’Allemagne et l’Italie. La France, en revanche, reste à la traîne. «Le marché de la longévité n’y est pas aussi développé qu’aux États-Unis ou en Suisse. Pour qu’il se démocratise davantage, il faudra que les prix baissent», observe Rosalie Maurisse, responsable du domaine de la santé chez Bpifrance. Les compléments d’Avea se vendent entre 50 et 150 euros la boite.
Si les compléments sont initialement destinés aux seniors de plus de 60 ans, l’âge moyen des utilisateurs se situe autour de 45 ans, signe d’un glissement progressif vers une logique de prévention. À 36 ans, la cofondatrice d’Avea, Sophie Chabloz, incarne elle-même cette tendance. À son doigt, un anneau connecté d’Oura, la licorne finlandaise du suivi physiologique. Dans son salon, un panneau de LED infrarouges, devant lequel elle s’expose quotidiennement pour stimuler sa production de collagène. Un mode de vie à la fois ultra-sain et ultra-connecté… qu’elle documente volontiers sur les réseaux sociaux.


