
[Dans l’actu en 2025, à suivre en 2026] Parmi les nombreux géants du luxe en France, Kering aura été sans aucun doute celui qui a le plus défrayé la chronique en 2025. Nomination de Luca de Meo, deal historique avec L’Oréal, une courbe de croissance qui montre des signes encourageants… Kering aborde l’année 2026 dans des conditions plus avantageuses qu’il y a un an.
Kering prépare sa revanche. Le groupe de luxe a affronté, ces dernières années, la chute importante de ses bénéfices, notamment à cause de la crise de consommation chinoise et de l’effondrement du chiffre d’affaires de Gucci, qui faisait auparavant la réussite du groupe. Mais le géant espère un retournement de sa situation, et a recruté Luca de Meo, pour orchestrer sa propre «Renaulution». Une nomination qui s’est hissée directement au rang des plus grands recrutements du luxe en 2025, une année déjà caractérisée par une grande valse au sein des directions artistiques des maisons de mode, comme la nomination de Demna, ancien directeur artistique de Balenciaga – également dans le giron de Kering – au même poste à Gucci.
Réduction des coûts en vue
Débauché grâce à sa connaissance du marché du luxe, notamment par son passage chez Volkswagen, propriétaire de Lamborghini et Ducati, et sa qualité de «stratège» selon François Henri-Pinault, président de Kering, Luca de Meo a toutefois des défis majeurs devant lui : le redressement de Gucci, la gestion de l’endettement conséquent du groupe, établi à 9,5 milliards d’euros au 30 juin 2025, et l’amélioration des ventes du groupe dans un contexte international troublé.
Pour atteindre ses objectifs, le dirigeant, dont la prise de poste a été officialisée au cours d’une assemblée générale extraordinaire en septembre, compte s’appuyer sur une méthode éprouvée : la réduction des coûts par la rationalisation et la réorganisation, tout en percevant lui-même un salaire fixe annuel de 2,2 millions d’euros, une part variable qui peut atteindre les 6,6 millions d’euros et une indemnité de prise de fonction de 20 millions d’euros.
Une opération de vente historique
Dans le cadre de cette stratégie, la première décision radicale prise par le nouveau dirigeant est de vendre la branche beauté de Kering – lancée seulement deux ans auparavant – et sa maison de parfumerie Creed, à L’Oréal. Si les discussions en ce sens étaient déjà engagées avant son arrivée, le nouveau directeur général a nettement accéléré l’opération. Grâce à celle-ci, le géant du luxe a engrangé 4 milliards d’euros – de quoi tailler dans sa dette imposante – et pourra toucher dans le futur d’importantes royalties, à condition que L’Oréal réussisse à faire croître l’activité beauté et parfumerie de Gucci, Balenciaga et Bottega Veneta. L’une des maisons de Kering, Saint-Laurent, déjà exploitée par L’Oréal, est un best-seller.
Cela permet aussi à Kering de concentrer ses forces vives sur ses activités principales : la mode et de joaillerie. Dans sa stratégie de réorganisation, Luca de Meo a aussi nommé Francesca Bellettini, ancienne directrice générale adjointe au développement des marques de Kering, à la direction générale de Gucci. Celle-ci était précédemment dirigeante de Saint-Laurent entre 2013 et 2023, période pendant laquelle le chiffre d’affaires de la maison a été multiplié par six.
Trois ans pour redresser Kering
La feuille de route stratégique de Kering ne devrait être présentée qu’au printemps 2026, mais selon une note consultée par Reuters, un plan baptisé «ReconKering» est déjà dans les tuyaux. Dans celui-ci, Luca de Meo fixe un délai de 18 mois pour faire revenir les marques du groupe à la croissance, et précise que le retour à une «performance financière optimale» pour le groupe prendra trois ans.
Le plan contiendra sûrement des mesures visant à consolider le réseau de vente du groupe – déjà amputé de 55 magasins au cours de l’année écoulée – et à licencier, comme au siège d’Alexander Mc Queen, marque de mode anglaise qui appartient à Kering, où 55 postes pourraient être supprimés dans le futur, selon le média américain WWD.


