
La société familiale azuréenne Payan Bertrand, fondée en 1854, lance la construction d’un bâtiment pour 12 millions d’euros, à Grasse (Alpes-Maritimes). La première étape d’un plan global de transformation.
Fabricant familial et indépendant de produits aromatiques et compositions parfumées pour la cosmétique, la parfumerie, les soins, l’hygiène, les parfums d’ambiance et autres applications industrielles, Payan Bertrand entame la construction d’un nouvel édifice sur la zone du Plan de Grasse, à Grasse (Alpes-Maritimes).
L’investissement s’élève à 12 millions d’euros pour une unité dénommée «Pacome» dédiée aux compositions parfumées qui s’étendra sur 2800 m2. «Nous espérons sa livraison pour décembre 2026, explique le directeur général, Vincent Proal, qui gère l’entreprise avec son frère Éric, président du directoire. Ce projet va entraîner une réorganisation des activités qui impliquera d’autres investissements, de l’ordre de 4 à 6 millions d’euros sur notre bâtiment historique, vers 2028-2029, pour entamer une nouvelle phase de croissance».
Payan Bertrand prévoit de dépasser en 2025 les 30 millions d’euros de chiffre d’affaires pour un effectif de 115 salariés. À cinq ans, le cap des 40 millions d’euros est visé. Les compositions parfumées du grassois représentent aujourd’hui 40% du chiffre d’affaires (60% sur les ingrédients naturels). La capacité de production va doubler, de 600 tonnes sur l’emplacement actuel à 1200 tonnes. L’entreprise intervient à 80% à l’international.
Opportunité foncière immanquable
«Nous recherchions, depuis une quinzaine d’années, le foncier susceptible d’accueillir ce développement, nous avons cru par deux fois le trouver mais ça n’a jamais pu aboutir, avant que cette opportunité apparaisse sur 4000m2, juste devant un bâtiment que nous louons depuis vingt ans. Sur les 12 millions d’euros, 8,5 millions d’euros sont consacrés à l’acquisition du foncier et à la construction, grâce à un crédit-bail immobilier avec Sogefimur/Société Générale, le reste financera les équipements que nous y installerons. Nous souhaitons sur-robotiser ce futur site», poursuit le dirigeant.
Conçu par le cabinet marseillais Didier Becchetti Architectes, «Pacome» réunira les pôles de création de parfums, d’évaluation, les laboratoires d’applications et de contrôle qualité. Les espaces qu’il libèrera aideront à concentrer le lieu historique, rebaptisé «1886», sur la production de spécialités d’ingrédients aromatiques naturels à forte valeur ajoutée, la R&D, l’innovation et les services supports.
Innovation et international
«Le groupe fonctionnera pleinement sur deux jambes, chaque pôle avec sa propre dynamique. Notre objectif est de pouvoir lancer six à huit nouveaux ingrédients naturels par an», indique Vincent Proal qui projette parallèlement d’accentuer le déploiement international, réparti pour l’heure en trois tiers entre Europe, Moyen-Orient et Asie. «Le Japon est historiquement notre premier marché et il continue de bien fonctionner. Nous nous sommes renforcés pour développer l’Amérique du Sud et pourrions mener, demain, cette expansion à l’étranger par la création d’entités en propre, en plus de nos agents et distributeurs, pour faciliter l’accès à certains réseaux, selon les pays».


