
Le président mozambicain Daniel Chapo a entamé le 14 mars une visite à Bruxelles, capitale de la Belgique et siège de l’Union européenne (UE), l’un de ses principaux objectifs étant de demander le soutien continu de l’UE dans la lutte contre le terrorisme dans la province de Cabo Delgado.
À Bruxelles, Chapo devait rencontrer le président du Conseil européen, António Costa, le vice-président de la Commission européenne et haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas, et le vice-président du Parlement européen, Javi López, entre autres responsables, selon un communiqué du bureau de Chapo. Chapo sera également reçu par le roi Philippe de Belgique.
«C’est le bon endroit pour Son Excellence [Daniel Chapo] être en ce moment, en particulier parce que nous devons demander un soutien pour la poursuite de la mission de l’Union européenne visant à former nos forces de défense et de sécurité dans la lutte contre le terrorisme », a déclaré la ministre des Affaires étrangères, Maria dos Santos Lucas, aux journalistes accompagnant la délégation présidentielle.
Le soutien de l’Union européenne à Cabo Delgado a débuté en 2021, avec la formation d’environ 1 600 soldats mozambicains spécialisés dans les opérations antiterroristes, désormais connues sous le nom de Quick Reaction Force (QRF). L’UE a également fait don d’équipements non létaux destinés aux opérations antiterroristes, notamment des véhicules.
Le soutien a été renouvelé deux ans plus tard et comprenait plusieurs programmes de formation à court terme destinés aux fonctionnaires et agents de divers organismes chargés de l’application des lois impliqués dans la lutte contre le terrorisme. Au total, le soutien a été évalué à environ 89 millions d’euros, financés par la Facilité européenne pour la paix.
Cependant, le soutien européen prend fin en juin de cette année. « Après cela, il faudra le renouveler. Tout indique que le soutien au Mozambique dans ce domaine se poursuivra », a déclaré le ministre Lucas.
Le Rwanda menace de retirer ses troupes de Cabo Delgado
Le jour même de l’arrivée de Chapo à Bruxelles, des membres du gouvernement rwandais ont annoncé sur X (anciennement Twitter) que leur pays retirerait les troupes déployées à Cabo Delgado si un financement durable n’était pas assuré.
L’Union européenne est la seule entité qui reconnaît publiquement financer les troupes rwandaises à Cabo Delgado.
« Ce n’est pas que le Rwanda pourrait se retirer, c’est que le Rwanda retirera ses troupes du Mozambique si un financement durable n’est pas assuré pour ses opérations antiterroristes à Cabo Delgado », a écrit le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, dans l’un des nombreux messages sur son compte X à ce sujet.
« Nous n’avons pas payé des centaines de millions de dollars et nos soldats des FDR n’ont pas payé le sacrifice ultime pour stabiliser cette région, permettre aux personnes déplacées de rentrer chez elles, aux enfants de retourner à l’école, aux entreprises de rouvrir et aux méga-investissements dans le gaz naturel liquéfié de reprendre, juste pour voir nos vaillants soldats être constamment interrogés, vilipendés, critiqués, blâmés ou sanctionnés par les pays mêmes qui bénéficient grandement de notre intervention au Mozambique. En effet, nous sommes prêts à quitter le Mozambique si notre travail et nos réalisations ne sont pas appréciés », le message continue.
Jusqu’à présent, l’Union européenne a approuvé 40 millions d’euros pour financer le déploiement d’environ 5 000 soldats et policiers rwandais à Cabo Delgado.
Selon les informations obtenues, cette somme n’a pas été transférée sur les comptes de l’État rwandais. Elle est versée aux fournisseurs de biens et services utilisés par la mission RDF à Cabo Delgado, sur présentation de factures par le ministère des Finances du Rwanda.
Le rôle premier des forces rwandaises est de stabiliser les districts de Palma et Mocímboa da Praia, importants pour la logistique de l’industrie du gaz naturel liquéfié, dont le principal marché est l’Europe.
L’agence de presse financière Bloomberg a rapporté la semaine dernière que le soutien de l’Union européenne au déploiement des forces rwandaises à Cabo Delgado prendrait fin en mai prochain et pourrait ne pas être renouvelé.
Le mois dernier, le gouvernement américain a approuvé des sanctions contre les Forces de défense rwandaises et quatre de leurs commandants en raison de leur implication présumée dans la guerre dans l’est du Congo, où ils sont accusés de soutenir la milice M23.
Les sanctions américaines pourraient empêcher l’Union européenne de continuer à financer la mission des Forces de défense rwandaises à Cabo Delgado.
Le gouvernement mozambicain n’a pour l’instant fait aucun commentaire sur le sujet, mais ce sujet sera certainement au centre de l’agenda présidentiel à Bruxelles. Sa visite se termine le 18 mars.
Écrit par Le temps du Mozambique et republié avec autorisation. L’article original peut être trouvé ici.


