
Le golfe Persique est plongé dans la crise suite aux frappes américaines et israéliennes contre l’Iran le dernier jour de février 2026.
Les attaques de missiles et de drones en représailles de l’Iran, associées aux menaces du Corps des Gardiens de la révolution de brûler les navires, ont effectivement fermé le détroit d’Ormuz, le couloir énergétique le plus critique au monde par lequel transitent environ 20 % du pétrole et du gaz mondiaux.
Une grande partie en Inde et en Chine.
Au cours de la première semaine de mars, seule une poignée de navires ont osé traverser, certains dissimulant leur propriété pour échapper aux cibles. Plusieurs navires ont été heurtés, dont le Safeen Prestige, battant pavillon maltais, dans la mer d’Oman, tandis que trois pétroliers ont été endommagés et au moins quatre marins tués.
La Chine, qui dépend d’Ormuz pour près de la moitié de ses importations de pétrole, négocie avec Téhéran pour garantir un passage sûr aux expéditions de brut et de GNL qatari.
Un navire, le vraquier sec Iron Maiden (OMI 9691149), aurait modifié ses inscriptions d’immatriculation pour donner l’impression qu’il appartenait à des Chinois. Ces pourparlers soulignent l’influence de Pékin en tant que premier client pétrolier de l’Iran, mais le détroit reste en grande partie fermé.
La fermeture a bloqué 138 porte-conteneurs d’une capacité de près d’un demi-million d’EVP dans le Golfe. MSC et CMA CGM sont parmi les plus durement touchés, tandis que les transporteurs imposent des surtaxes pour risque de guerre allant jusqu’à 3 000 dollars par FEU et réacheminent via le Cap de Bonne-Espérance.
Les compagnies d’assurance ont retiré leur couverture, ce qui gonfle encore davantage les coûts. Les marchés de l’énergie sont ébranlés : l’Inde, dépendante des importations du Golfe, est confrontée à des risques d’inflation et de change, tandis que les États du Golfe sont confrontés à des défis de sécurité alimentaire alors que les importations stagnent.
La crise s’est également transformée en urgence humanitaire. L’OMI estime que 20 000 marins et 15 000 croisiéristes sont bloqués.
Les compagnies de croisière, dont MSC, TUI et Celestyal, ont lancé des évacuations massives en affrétant des vols depuis Dubaï, Doha et Mascate. Des milliers de personnes ont été rapatriées, mais les fermetures de l’espace aérien ont retardé les opérations, laissant de nombreux passagers encore à bord des navires à quai.
Stratégiquement, le détroit d’Ormuz transporte un cinquième des expéditions mondiales de pétrole. Sa fermeture se répercute sur les marchés de l’énergie et du commerce, augmentant les primes d’assurance, détournant le trafic et menaçant les approvisionnements alimentaires.
Alors que les États-Unis ont proposé des escortes navales et une assurance contre les risques, les analystes mettent en garde contre les immenses risques logistiques et militaires. Certains rapports suggèrent que l’Iran pourrait suspendre ses attaques, mais la situation reste fluide.
En résumé, la crise du transport maritime dans le golfe Persique est à la fois un point chaud géopolitique et une urgence humanitaire. Avec des flux d’énergie perturbés, des navires coincés et des milliers de personnes bloquées, le monde regarde avec anxiété la Chine faire pression sur l’Iran pour obtenir des concessions et les transporteurs internationaux se démènent pour s’adapter.
Le détroit d’Ormuz, autrefois artère commerciale vitale, constitue désormais l’épicentre d’une guerre qui menace la stabilité mondiale.
Écrit par Terry Hutson pour Ports et navires d’Afrique et republié avec autorisation. L’article original peut être trouvé ici.


