
L’autorité exécutive est citée comme la base sur laquelle le président sud-africain Cyril Ramaphosa a annulé une décision ministérielle et a fait d’une commission d’enquête (BoI) du ministère de la Défense (DoD) une commission présidentielle.
C’est le point de vue réfléchi du directeur de l’African Defence Review (ADR), Darren Olivier, à la suite de l’annonce faite jeudi dernier établissant la deuxième commission nommée par la présidence pour enquêter sur la défense et les cas connexes d’actes répréhensibles apparents en Afrique du Sud depuis 1994. Le comité, composé de quatre personnes, est le même que celui nommé par le ministère de la Défense de la ministre Angie Motshekga pour enquêter sur ce qui est appelé « le non-respect » d’une instruction présidentielle visant à empêcher l’Iran de participer à l’exercice naval multinational Will for Peace de janvier, dont le siège est à Simon’s Town, siège de la flotte de la SA Navy (SAN).
Le premier panel, dirigé par Phineas Mojapelo, juge à la retraite de la Haute Cour de Gauteng, était chargé d’enquêter sur l’arrivée d’un cargo immatriculé en Russie – le Lady R – à Simon’s Town en décembre 2022 – qui transportait prétendument des armements destinés à la Force de défense nationale sud-africaine (SANDF). Un résumé des conclusions de ce groupe, publié le 5 septembre 2023, indique que les allégations de contrebande d’armes n’ont pas pu être étayées. Ce panel et son travail ne sont pas totalement oubliés puisque l’Alliance démocratique (DA), sous la forme de son ministre fantôme de la Défense et des Anciens Combattants militaires, Kobus Marais, a contesté légalement la nomination de Mojapelo. Après avoir été débouté par la Haute Cour du Nord Gauteng à Pretoria parce que sa plainte était « sans objet », Olivier a déclaré à DefenceWeb qu’il était en bonne voie pour une audience de la Cour suprême d’appel (SCA) à Bloemfontein à une date encore indéterminée.
Au sein du panel présidentiel Volonté de paix, Olivier considère qu’il s’agit d’une enquête relevant de l’autorité exécutive inhérente du président et non d’une enquête formelle en vertu de la loi sur les commissions. « C’est la même approche que celle adoptée pour créer la commission d’enquête Lady R et cela signifie que les termes de référence et d’autres aspects de la commission n’ont pas besoin d’être rendus publics. »
Il considère cette stratégie comme un moyen d’enquêter en utilisant le pouvoir exécutif présidentiel et non comme une enquête formelle en vertu de la Loi sur les commissions.
Olivier voit cette stratégie comme un moyen de contourner ce qui semble avoir été ce qu’il appelle « une erreur bizarre » commise par Motshekga, qui n’a pas reconnu qu’un BoI du DoD doit, selon la loi sur la défense, être composé uniquement d’employés du DoD. « Ce point », ajoute-t-il, « a été soulevé à l’époque, mais le DoD a refusé de fournir des éclaircissements ou de commenter ».
En tant que commission d’enquête dirigée par la présidence, elle sera sans doute moins transparente qu’une BoI du DoD, car elle n’est pas également contrainte par une législation et des lignes directrices claires, avec des termes de référence et des conclusions facilement soumises aux demandes de la PAIA (Promotion of Access to Information Act), a ajouté Olivier.
Ceci est renforcé par la déclaration de la présidence qui dit notamment : « Ramaphosa peut, sur recommandation du comité et du ministre, décider de rendre public ou non tout ou partie des résultats de l’enquête du comité ».
Les membres du comité présidentiel sont les juges Bernard Ngoepe (président), Kathy Satchwell et Mashangu Leeuw ainsi que l’amiral retraité de la SA Navy (SAN) JG Patrick Duze. Le comité est chargé d’enquêter et de formuler des recommandations concernant les circonstances entourant l’exercice et les facteurs qui peuvent avoir contribué au non-respect de l’ordre du président ainsi que la ou les personnes responsables et déterminera les conséquences à suivre.
Elle, précise le communiqué de la présidence, aura le pouvoir de convoquer tout membre des forces de défense et/ou du service public dont elle a besoin et de demander tous les documents, y compris les documents classifiés, pour remplir son mandat.
Le panel a un mois pour terminer ses travaux et faire rapport à Ramaphosa, commandant en chef de la SANDF. Au moment de la publication, la présidence n’avait pas répondu à une demande de DefenceWeb concernant la date à laquelle le groupe commencerait ses travaux ou le lieu où il serait basé.
Le fait que l’un des navires iraniens qui ont visité l’Afrique du Sud en janvier – le Shahid Mahdavi – ait été ajouté le mois dernier à la liste terroriste de l’Union européenne pourrait faire l’objet d’un examen minutieux par la BoI.
Le Shahid Mahdavi est lié au Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) d’Iran, qui a été ajouté en février à la liste terroriste de l’UE, avec des mesures restrictives imposées dans le cadre de son régime de sanctions antiterroristes. Cela inclut le gel de ses fonds, d’autres actifs financiers et/ou ressources économiques dans les États membres de l’UE et l’interdiction aux opérateurs de l’UE de mettre des fonds et des ressources économiques à la disposition du CGRI.
Wil for Peace, organisé par le SAN au quartier général de sa flotte de Simon’s Town, était dirigé par la PLAN (Marine de l’Armée populaire de libération) de la République populaire de Chine (RPC) avec la participation de navires de la marine de la Fédération de Russie, de la marine iranienne et de la marine sud-africaine ainsi que des observateurs de l’Éthiopie, de l’Indonésie et des Émirats arabes unis (EAU).
La corvette de la marine iranienne Naghdi, qui participait à l’exercice Will for Peace, a été coulée pendant les heures d’ouverture de l’attaque aérienne américaine ce week-end.


