
Le régime de contrôle des armements conventionnels du Lesotho est relativement opaque et dépassé. Il est régi principalement par le Loi de 1966 sur la sécurité intérieure (armes et munitions)tel que modifié (1999, 2024). La loi réglemente l’acquisition, la possession, la fabrication et le commerce des armes à feu et, dans une mesure plus limitée, des armes conventionnelles/de qualité militaire. L’accès des civils à ces armes est restreint, les armes à feu entièrement automatiques et les armes chimiques étant explicitement interdites à un usage non étatique. L’autorité réglementaire repose en grande partie sur le Service de police montée du Lesotho (LMPS), qui supervise les licences, les inspections et le registre central des armes à feu. Notamment, les armes appartenant à l’État ne relèvent pas du champ d’application de cette loi, alors qu’il n’existe aucun élément statutaire clair et/ou supplémentaire qui les réglemente.
La loi autorise l’adoption d’arrêtés ministériels pour restreindre l’importation, l’exportation ou le mouvement interne des armes, mais il lui manque une licence dédiée pour les transferts d’armes conventionnelles. Il existe également un manque de dispositions légales concernant la certification des utilisateurs finaux, le commerce des armes ou le contrôle du transit, éléments clés des cadres modernes de contrôle des armements.
Au niveau international, le Lesotho est un État partie au Traité sur le commerce des armes (TCA), qu’il a ratifié en 2016. Il a également ratifié le Protocole de la SADC sur les armes à feu et est signataire du Protocole des Nations Unies sur les armes à feu, entre autres. Ces accords exigent que les États mettent en œuvre des critères clairs d’évaluation des risques pour réglementer les transferts d’armes, le marquage standardisé des armes à feu et la tenue de registres à long terme, obligations que le Lesotho ne remplit que partiellement. Même si la documentation destinée à l’utilisateur final, une transparence significative et une obligation légale claire d’appliquer les embargos sur les armes restent absentes, le Lesotho a fait des efforts pour se conformer aux rapports sur le TCA, même si les soumissions restent sporadiques.
Le régime de contrôle des armements conventionnels du Lesotho est mieux compris comme étant faiblement institutionnalisé et fondé sur un cadre juridique obsolète. Il manque de transparence, de structures de surveillance et du niveau de numérisation requis pour disposer d’un système de contrôle des armements efficace. Il convient toutefois de noter que le Lesotho ne dispose pas actuellement des capacités techniques et des ressources nécessaires pour transformer son régime national de contrôle des armements de manière à se conformer pleinement à ses obligations internationales. Néanmoins, ses engagements conventionnels et ses interdictions fondamentales fournissent une base juridique sur laquelle une politique de contrôle des armements plus solide pourrait être construite.


