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ZATAZ » Attaque revendiquée contre la CFDT par Cl0P

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Lu il y a 6 minutes


Le groupe criminel Cl0P affirme avoir frappé la CFDT, première organisation syndicale française. Une annonce rare visant une structure politique et sociale majeure, aux implications sensibles en cybersécurité.

Le collectif de cybercriminels Cl0P revendique une attaque contre la CFDT. L’organisation, pilier du dialogue social, accompagne les travailleurs sur l’ensemble du territoire. Cette offensive numérique, dont les détails restent flous, intervient dans un contexte où Cl0P privilégie désormais l’exploitation de vulnérabilités plutôt que le simple phishing. L’historique du groupe, lié à la souche CryptoMix et aux opérations financières du cluster TA505, montre une méthode structurée mêlant intrusion, reconnaissance interne, déplacement latéral et exfiltration. Aucune précision n’a été donnée sur les données potentiellement dérobées ou chiffrées.

Une cible symbolique au cœur du dialogue social

La Confédération française démocratique du travail occupe une place centrale dans le paysage syndical. Première organisation représentative en France, elle revendique ce statut comme le résultat de l’engagement de ses militants et de la confiance accordée par les salariés pour défendre leurs droits. Implantée sur tout le territoire, présente dans les entreprises et au plus près des lieux de vie, la CFDT joue un rôle structurant dans les négociations sociales.

La revendication publiée par Cl0P introduit un précédent notable. Les attaques contre des structures politiques, syndicales ou institutionnelles restent moins fréquentes que celles visant les hôpitaux, les collectivités ou les entreprises privées. Lorsqu’un acteur de ce poids est cité par un groupe spécialisé dans le rançongiciel, l’enjeu dépasse la seule dimension financière. Il touche à la confidentialité des échanges, aux données internes, aux stratégies de négociation et, potentiellement, aux informations personnelles d’adhérents.

À ce stade, aucune indication ne précise la nature des systèmes compromis. Cl0P ne détaille ni les serveurs touchés, ni le volume de données éventuellement exfiltré. L’absence d’éléments techniques empêche toute estimation chiffrée. Toutefois, l’historique du groupe incite à la prudence. Contrairement à certaines annonces opportunistes observées dans l’écosystème cybercriminel, Cl0P s’est forgé une réputation d’opérateur structuré, peu enclin aux effets d’affichage sans intrusion réelle. Cl0p a signé 696 cyber attaques documentées (125 en 2026 au 11 février 2025 ; 521 en 2025). De grandes marques ont déjà été impactées comme Fruit of the Loom (Textile) ; Michelin (Pneumatique) ; Bureau (Service) ; Mazda ; etc.

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Cl0P, une mécanique rodée d’intrusion et d’extorsion

Cl0P constitue une évolution d’une souche antérieure connue sous le nom de CryptoMix. En 2019, cette variante était diffusée comme charge finale d’une campagne d’hameçonnage attribuée aux acteurs TA505, motivés exclusivement par l’appât du gain. Le schéma initial reposait sur l’envoi de courriels piégés contenant un document doté de macros. Une fois ouvert, le fichier déposait un chargeur baptisé Get2, point d’entrée vers l’infrastructure ciblée.

Après cette compromission initiale, les attaquants procédaient méthodiquement. Ils cartographiaient le réseau interne, collectaient des informations, se déplaçaient latéralement pour atteindre des serveurs stratégiques, puis exfiltraient des données sensibles avant de déclencher le chiffrement. Cette séquence, désormais classique dans les opérations de rançongiciel, vise à maximiser la pression en combinant paralysie opérationnelle et menace de divulgation.

Une fois activé, le malware modifie les fichiers en ajoutant l’extension « .clop » ou d’autres variantes telles que « .CIIp », « .Cllp » ou « .C_L_O_P ». Plusieurs versions de la note de rançon ont été observées, générant des fichiers nommés « ClopReadMe.txt », « README_README.txt », « Cl0pReadMe.txt » ou encore « README!!!.TXT ». Ces marqueurs techniques facilitent l’attribution lorsqu’ils sont retrouvés sur un système compromis.

Ces dernières années, l’opération Cl0P a modifié son vecteur d’entrée. Le phishing n’est plus systématiquement privilégié. Les opérateurs exploitent désormais des vulnérabilités logicielles pour pénétrer directement les infrastructures exposées. Cette évolution réduit la dépendance au facteur humain et augmente l’ampleur potentielle des intrusions, notamment lorsque des failles affectent des solutions largement déployées.

Dans le cas de la CFDT, aucune précision n’a été fournie sur le mode opératoire employé. Phishing ciblé, exploitation d’une faille ou compromission d’un prestataire, plusieurs scénarios restent plausibles. L’absence d’information publique sur les données prises en otage ou copiées empêche d’évaluer l’impact réel. Si des fichiers internes ont été exfiltrés, la dimension de renseignement économique et social pourrait s’avérer significative. Cl0p a déjà attaqué des entités similiaires, comme le CPJ, le Comité de protection des journalistes.

La revendication seule ne constitue pas une preuve technique, mais l’expérience montre que Cl0P publie rarement un nom sans disposer d’éléments concrets. Dans l’écosystème des rançongiciels, la crédibilité d’un groupe conditionne l’efficacité de son chantage. Revendiquer sans intrusion avérée affaiblirait ce levier.

L’affaire place ainsi la cybersécurité des organisations syndicales sous les projecteurs. Ces structures, au cœur du dialogue social, manipulent des données stratégiques qui intéressent autant les cybercriminels que d’éventuels acteurs en quête de renseignement.



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