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ZATAZ » Telegram dans le viseur russe, le ralentissement démarre

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Lu il y a 4 minutes


En Russie, le trafic de Telegram bridé. Officiellement, rien n’est acté, mais les signaux politiques et les pannes massives dessinent une pression qui monte.

Les autorités russes s’apprêteraient à limiter l’accès à Telegram. Roskomnadzor, ministére des télécoms/Internet/Censure a lancé des restrictions partielles depuis le 10 février. Ces derniers mois, cette agence a multiplié les mesures ciblées sur les messageries, en justifiant ses décisions par la lutte contre la fraude, l’extorsion et le sabotage.

Un étranglement progressif, sans annonce officielle

Le scénario repose sur une mécanique désormais familière dans l’écosystème numérique russe : agir d’abord, expliquer ensuite. Une source issue de l’industrie IT, accompagnée de deux interlocuteurs présentés comme proches des « agences compétentes », affirme que Roskomnadzor vient de « bloquer » partiellement Telegram depuis le mardi 10 février.

Le point clé, sur le plan cyber et renseignement, n’est pas seulement l’éventualité d’un blocage, mais la forme prise par l’action. Un bridage partiel, ciblant certains flux, peut suffire à modifier les usages, à décourager la circulation de contenus et à rendre l’outil moins fiable, tout en évitant le choc politique d’une interdiction totale. Cette approche laisse aussi une marge de dénégation. Dans cet entre-deux, le doute devient un instrument.

Le régulateur n’en est pas à son premier coup d’essai. Il a déjà imposé des restrictions ciblées sur des fonctions de messagerie. En août 2025, Roskomnadzor avait limité les appels vers Telegram et WhatsApp, ce dernier appartenant à Meta. Rappelons que la société META est qualifiée d’extrémiste et interdite en Russie. À l’époque, l’agence expliquait que les messageries étaient devenues un vecteur majeur de fraude, d’extorsion, et un canal d’ »implication » de citoyens dans des activités de sabotage et de terrorisme. En octobre, l’autorité annonçait de nouvelles restrictions partielles sur Telegram et WhatsApp, présentées comme une réponse à la criminalité.

Le dossier reste toutefois politiquement sensible. En décembre, Sergueï Boyarski, à la tête de la commission de la Douma d’État sur la politique de l’information, déclarait qu’un blocage intégral de Telegram n’était pas à l’ordre du jour. Il insistait sur une réalité souvent négligée : Telegram n’est plus seulement une messagerie, mais une plateforme assimilable à un réseau social, dans laquelle des ressources importantes ont été investies. Autrement dit, couper l’accès reviendrait aussi à frapper un espace devenu structurant pour l’information et l’influence.

Justifications sécuritaires, plaintes d’utilisateurs et bataille des récits

À la mi-janvier, Andrey Svintsov, membre de la commission de la Douma chargée de la politique de l’information, a donné une explication politique au ralentissement : Telegram ne bloquerait pas suffisamment les canaux anonymes. L’argument, en creux, lie performance technique et discipline informationnelle. Dans une logique de contrôle, l’anonymat n’est pas seulement un risque criminel ; il complique l’attribution, gêne la surveillance et fragilise les mécanismes de pression sur les administrateurs de contenus.

Roskomnadzor n’a pas confirmé officiellement un ralentissement. Mais l’addition d’indices, déclarations politiques, démenti du régulateur, puis annonces contraires et enfin vagues de pannes, dessine un même tableau : Telegram est de nouveau sous pression, et la pression ressemble à une stratégie graduelle plutôt qu’à une rupture nette. (source : RBC)



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