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ZATAZ » Discord généralise ses protections ados et l’âge par IA

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Lu il y a 7 minutes


Discord étend à tous ses comptes des filtres pensés pour les adolescents, avec une levée parfois conditionnée à une vérification d’âge, jusqu’à la reconnaissance faciale, sur fond de pression politique mondiale.

Le réseau social américain Discord applique désormais par défaut, à l’ensemble des utilisateurs, des protections initialement destinées aux adolescents. Les comptes classés “ados” floutent les contenus jugés potentiellement sexuels ou choquants, limitent l’accès à des chaînes assorties d’un âge minimum et alertent en cas de demande de contact émanant d’un inconnu. Pour estimer l’âge réel, Discord s’appuie sur un modèle d’intelligence artificielle capable, dans certains cas, de lever seul les restrictions. Sinon, la plateforme peut exiger un selfie vidéo ou un document d’identité, avec des garanties de suppression rapide.

Des filtres « ados » activés pour tous, par défaut

Le virage est net et, pour Discord, il ressemble à une mise sous contrainte assumée. La plateforme annonce que les filtres et garde-fous conçus pour les jeunes internautes deviennent la configuration standard pour l’ensemble des comptes. Concrètement, lorsque l’utilisateur est considéré comme “ado”, l’expérience se referme. Des contenus “potentiellement sexuels ou choquants” sont masqués. L’accès à des chaînes qui imposent un âge minimum est bloqué. Une alerte s’affiche quand un inconnu tente d’entrer en contact. Ce n’est pas seulement une politique de modération, c’est une architecture de prévention.

Ce dispositif de classification par défaut n’est pas totalement inédit. Discord l’avait déjà déployé en 2025 au Royaume-Uni et en Australie, en réponse, dans les deux cas, à des textes nationaux plus stricts sur la protection des mineurs en ligne. La plateforme rappelle aussi une limite théorique connue mais rarement suffisante, l’inscription des moins de 13 ans n’étant pas censée être acceptée.

La logique est double. D’un côté, Discord cherche à réduire l’exposition des mineurs à des contenus sensibles et à des interactions à risque. De l’autre, la société aligne son fonctionnement sur un climat politique où les gouvernements et élus exigent des garanties vérifiables. L’initiative intervient alors que plusieurs pays durcissent le ton. L’Australie, en décembre, est devenue le premier État à interdire légalement aux réseaux sociaux d’accueillir des enfants de moins de 16 ans. L’Espagne et le Danemark ont annoncé vouloir suivre une trajectoire comparable. En France, une proposition de loi visant à interdire l’accès aux moins de 15 ans a été adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale et doit arriver au Sénat dans les semaines qui viennent.

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Vérification d’âge, reconnaissance faciale et effet collatéral anti-pirates

Le nerf de la guerre reste l’âge réel, et Discord dit vouloir le déterminer à l’aide d’un modèle d’intelligence artificielle. Particularité notable, si le système estime qu’il s’agit d’un adulte, il peut lever les contraintes sans autre vérification. À l’inverse, lorsque le doute persiste, la plateforme peut demander une preuve plus classique. Deux options sont décrites, un selfie vidéo ou un document d’identité.

Dans le cas du selfie vidéo, Discord affirme que la vidéo ne sera pas transférée ailleurs que sur le smartphone. Pour le document d’identité, l’entreprise indique que l’image sera supprimée rapidement après la vérification. Ces promesses, même formulées de façon rassurante, rappellent la sensibilité du sujet. La vérification d’âge déplace le risque, on ne parle plus seulement de contenus, mais aussi de données biométriques et de pièces d’identité, donc d’enjeux de conservation, d’accès et de confiance.

Un précédent est cité, en novembre, la plateforme de jeux vidéo Roblox avait déjà recouru à la reconnaissance faciale pour vérifier l’âge d’un individu. Discord s’inscrit ainsi dans une tendance où la “preuve” devient un passage obligé, sous la pression des législateurs et face à la difficulté chronique d’évaluer l’âge en ligne sans fraude.

Il y a aussi un effet collatéral que la cybersécurité connaît bien. En renforçant les contrôles et en réduisant l’exposition par défaut, Discord ne protège pas uniquement les adolescents. Cette précaution peut calmer plus d’un pirate. La plateforme sert aussi d’infrastructure sociale à des pratiques illicites, via des discussions et des outils qui circulent, y compris au travers de Bots Discord. Moins de visibilité, davantage de friction, et des accès plus encadrés compliquent mécaniquement la mise en relation et la diffusion opportuniste, même si cela ne suffit pas, à lui seul, à assécher les usages malveillants.

Ce mouvement intervient alors que Discord a changé de dimension. Créé en 2015, le service était d’abord surtout fréquenté par les joueurs, qui y trouvaient un moyen de parler pendant une partie. Puis il est devenu un refuge pour des internautes lassés des réseaux sociaux traditionnels, attirés par un fonctionnement perçu comme moins strict. Audio, vidéo, messagerie écrite, partage de contenus, espaces publics ou privés, l’outil est devenu un carrefour. Et qui dit carrefour dit, pour les défenseurs comme pour les attaquants, un terrain d’opportunités.

En cyber et renseignement, le signal est clair, la bataille se joue désormais sur les frictions d’accès, l’identité et la traçabilité, autant que sur la modération des contenus.

 

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