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à Saint-Nazaire, les Chantiers de l’Atlantique font le pari (risqué) des énergies marines renouvelables et doublent leurs capacités

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Lu il y a 6 minutes


Le chantier naval de Saint-Nazaire déroule un plan d’investissement de 100 millions d’euros accompagnant sa diversification dans l’éolien offshore. Le mardi 10 février, il a inauguré le doublement de son atelier Anemos et livré deux sous-stations électriques pour un champ éolien allemand. L’entreprise attend toutefois avec impatience les nouveaux appels d’offres français et les giga-marchés à venir en Mer du Nord.

Les Chantiers de l’Atlantique doublent les capacités de production de leur division EMR (énergies marines renouvelables) à Saint-Nazaire, une diversification engagée il y a 10 ans. L’entreprise a inauguré ce mardi 10 février l’extension de l’alvéole de peinture Anemos qui était déjà considérée comme la plus grande d’Europe.

Alvéole de peinture Anémos Chantiers de l'Atlantique Saint-NazaireMaxime CASTRIC – Chantiers de l’Atlantique
Alvéole de peinture Anemos Chantiers de l’Atlantique Alvéole de peinture Anémos Chantiers de l’Atlantique Saint-Nazaire (Maxime Castric/Chantiers de l’Atlantique)

L’usine passe ainsi de 1750 à 3500m² couverts. La peinture est un élément essentiel pour la longévité de ces sous-stations, implantées dans les champs éoliens au large pour 25 à 40 ans. Elles permettent de recueillir l’électricité des éoliennes. Ses transformateurs en portent la puissance de 66000 volts à plus de 225000 volts pour l’envoyer vers le réseau à terre. Les sous-stations permettent en outre de collecter l’ensemble des données d’exploitation du parc et d’en assurer le pilotage depuis la terre.

Cette extension a représenté un investissement de 20 millions d’euros constituant l’élément le plus important du plan de 100 millions d’euros annoncé en 2024 par les Chantiers de l’Atlantique dans les EMR. L’agrandissement s’accompagne d’équipements lourds de transport qui représentent «quelques millions d’euros supplémentaires», mentionne aussi Frédéric Grizaud, directeur de la business unit EMR. «Nous disposons d’un équipement industriel capable de construire 1,5GW de sous-stations par an, poursuit-il. C’est l’équivalent d’une grande usine française, une gigawatt factory.»

Des géantes à venir

L’usine, construite en 14 mois par une cinquantaine d’entreprises régionales dont le vendéen Briand construction métallique, se déploie sur 25 mètres de hauteur et 48000m3. De quoi abriter l’intégralité d’une sous-station à courant alternatif. Elle dispose d’une capacité de ventilation permettant de changer l’intégralité de l’air toutes les 14 minutes dans des conditions d’hygrométrie et de température constantes. Un système de récupération de chaleur et un incinérateur pour le traitement des solvants complète l’équipement.

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Le 10 février, l’entreprise a également livré deux sous-stations à courant alternatif pour les projets Nordseecluster 1 et 2, développés par RWE et Norges Bank Management en Mer du Nord. Ces deux sous-stations, totalisant 600 MW, mesurent chacune environ 41 mètres de long pour 22 mètres de haut. L’une pèse 2500 tonnes sur une fondation jacket de 2000 tonnes. L’autre pèse 1 800 tonnes sur une fondation monopile de 800 tonnes. Déjà embarquées sur une barge, elles quitteront Saint-Nazaire en mars pour être installées à 50 kilomètres au large de l’île allemande de Juist.

L’investissement dans les EMR est un pari pour les Chantiers de l’Atlantique. Comme les acteurs de cette filière, l’entreprise attend les appels d’offre 9 et 10 ainsi que la nouvelle Programmation pluriannuelle de l’énergie espérée pour les prochains jours. A ce stade, l’entreprise de Saint-Nazaire a devant elle trois sous-stations à construire pour RTE. Il s’agit d’une part de deux sous-stations à courant continu (High Voltage Direct Current) pour le projet Centre-Manche. Ces plateformes HVDC sont 6 à 8 fois plus grosses (14 000 tonnes) que celles livrées le 10 février. L’extension Anemos a d’ailleurs été dimensionnée pour peindre ces géantes mais en 12 blocs séparés.

Gros potentiel en Europe

La troisième sous-station (courant alternatif), doit être construite pour le champ de Dunkerque. Toutes ces commandes doivent être livrées entre 2029 et 2031. L’appel d’offre d’Oléron ayant été déclaré infructueux, l’option pour la sous-station qui était prévue pour ce champ reste inscrite dans le plan de charge des Chantiers de l’Atlantique et de son partenaire Hitachi pour être réattribuée sur un autre site. Au-delà, Frédéric Grizaud table sur les appels d’offre français mais aussi sur l’export. Sachant que les pays riverains de la mer du Nord ont réaffirmé le 26 janvier dernier l’objectif de construire 15 GW d’éolien en mer par an entre 2031 et 2040.

Les Chantiers de l’Atlantique se situent dans le top 3 européen dans la fabrication de sous-stations avec 30% de parts de marché sur le courant alternatif et à peine 10% pour le courant continu (HVDC) où l’Europe n’est presque pas présente à ce jour. L’extension d’Anemos doit permettre au chantier français de percer sur ce marché. A Saint-Nazaire, la division EMR mobilise 450 salariés et 50 postes sont ouverts au recrutement. Cette activité représente 10% Avec les HVDC, le chantier mobilisera 500 autres personnes en sous-traitance.



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