
A mi-chemin entre un avion et un hélicoptère, l’eVTOL développé par la filiale d’Embraer Eve Air Mobility a réussi son premier vol en décembre 2025. Les premières commandes fermes commencent à arriver pour cet aéronef électrique brésilien.
Avec sa silhouette atypique, le eVTOL de Eve Air Mobility propose de simplifier les trajets aériens en milieu urbain. Un concept qui commence à faire son chemin parmi les compagnies de ce segment du marché aéronautique.
Qu’est-ce que cette machine à mi-chemin entre un hélicoptère et un avion ?
Filiale de l’avionneur brésilien Embraer, Eve Air Mobility a lancé son projet d’eVTOL en 2018. Cet aéronef électrique décolle et atterrit à la verticale comme un hélicoptère et vole comme un avion grâce à ses ailes. Huit rotors fixes lui permettent de s’élever et des hélices arrières de se propulser une fois en l’air.
Cette combinaison lui permet de se poser facilement tout en consommant moins d’énergie pour voler grâce à la portance de ses ailes. Avec son autonomie de 100 kilomètres, le Eve Air mobility eVTOL est surtout conçu pour des trajets urbains actuellement effectués par des hélicoptères-taxis. Il pourra embarquer quatre passagers et un pilote. A terme, un mode autonome avec six places à bord est aussi évoqué.
Comment se déroule le développement ?
Le premier vol de l’engin a eu lieu sur un site brésilien d’Embraer en décembre 2025. Plusieurs centaines d’autres vont suivre en 2026 pour étendre les tests vers des phases de plus en plus complexes du vol. Pour cela, l’entreprise compte sur six prototypes proches des engins de série pour mener la campagne d’essais. D’abord pour le vol stationnaire puis pour la navigation classique grâce aux ailes. La certification de l’Agence de l’aviation civile du Brésil (ANAC) est indispensable, avant celle d’autres organismes internationaux comme la FAA américaine et l’AESA européenne.
Côté fournisseurs, Embraer a mis sur pied une coentreprise avec le motoriste japonais Nidec Corporation pour la propulsion électrique et BAE Systems est en charge du système de stockage d’énergie. Plusieurs entreprises tricolores font partie des équipementiers dont le lyonnais DUC Hélices qui fournira rotors et hélices ainsi que Latecoere pour les portes. Aéroports de Paris participe aussi indirectement via un protocole d’accord passé avec Embraer pour améliorer les opérations de maintenance au sol des aéronefs bas carbone. Si tout se passe correctement, Eve Air Mobility vise la mise en service commercial en 2027.
Où en est son carnet de commandes ?
Il est très bien rempli. Les chiffres semblent variés mais Latecoere mentionnait pas moins de 2900 exemplaires concernés par des intentions d’achat dans un communiqué daté de 2024. Depuis, une commande ferme pour deux appareils plus 48 en option a été passé le 4 février par la compagnie japonaise AirX et une seconde, elle aussi présentée comme ferme, de 50 appareils par la brésilienne Revo en 2025. Capitalisée à plus d’un milliard d’euros, Eve Air Mobility prévoit d’ouvrir une usine de production à Taubaté dans l’état brésilien de Sao Paulo.
Est-ce des eVTOL sont déjà en service dans le monde ?
Il n’y en a qu’un : le EHang EH216-S. Cet aéronef chinois a été autorisé par les autorités chinoises à effectuer des vols entres les villes de Guangzhou et Hefei. Biplace, il peut voler pendant 30 kilomètres à une vitesse de 130 km/h. Même s’il peut voler sans pilote, les vols sont programmés à l’avance et un humain peut reprendre le contrôle au sol en cas de problème.
En parallèle, d’autres projets sont en développement. L’on peut citer celui de l’américaine Joby Aviation dont le eVTOL est en phase finale de certification par la FAA. Avec ses 320 km/h de vitesse de pointe pour 160 kilomètres d’autonomie, il doit entrer en service cette année à Dubaï. Son compatriote Archer s’est allié à Stellantis pour concevoir un appareil du même type que United Airlines acheter à 200 exemplaires.
En Europe, l’allemand Volocopter est à un stade avancé avec son eVTOL Volocity. Son objectif est d’atteindre la certification EASA d’ici à la fin de l’année 2026 pour une mise en service commerciale prévue ensuite en 2027. L’entreprise est déjà autorisée à lancer une production de série et à signé un accord avec Jet Systems Hélicoptères Services pour opérer deux VoloCity en région parisienne. D’autres projets moins avancés sont portés par l’anglais Vertical Aerospace, l’allemand Lilium, et l’américain Wisk Aero.


