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«L’activité de LMB Aerospace n’est pas considérée comme stratégique», juge Catherine Vautrin, ministre des Armées

Service Com'
Lu il y a 4 minutes



La ministre des Armées, Catherine Vautrin, justifie au cours d’un entretien à L’Usine Nouvelle la vente de la société LMB Aerospace à la société américaine Loar. Elle confirme l’alignement complet entre le ministère des Armées et Bercy sur le sujet tout en estimant qu’il faut poursuivre la surveillance des entreprises de la défense.

La PME corrézienne LMB Aerospace qui produit de petits équipements pour le spatial, civil comme militaire, a été autorisée à la vente après une analyse du dossier dans le cadre du contrôle des investissements étrangers. Un instrument qui n’est pas bradé selon elle et qui doit maintenir sa vigilance alors que l’attractivité du secteur de la défense peut aiguiser des appétits. Extrait d’une interview de la ministre des Armées Catherine Vautrin à paraître dans le numéro de mars de L’Usine Nouvelle.

L’Usine Nouvelle – La vente de la société LMB Aerospace à une entreprise américaine provoque un émoi, pouvez-vous nous exprimer clairement quelle était la position du ministère des Armées ?

Catherine Vautrin – LMB était une entreprise duale d’aérospatiale et de défense détenue par plusieurs fonds. Le dossier est apparu en 2025 et le travail a été analysé par la Direction générale de l’armement, au titre du ministère des Armées et par le ministère de l’Economie.

Cette entreprise exporte 80% de sa production dont 30% aux Etats-Unis. Son activité n’est pas considérée comme stratégique, d’ailleurs le personnel n’est pas accrédité secret défense. C’est finalement assez classique que des fonds vendent des activités pour réinvestir derrière et concrètement le fonds Tikehau qui vend va continuer à investir dans le secteur de la défense. LMB Aerospace fournit des ventilateurs installés sur des plateformes, il y avait un accord de la DGA, il y a eu un accord de la direction du Trésor et de l’agence des participations de l’Etat. La vente a été autorisée avec une action préférentielle de l’Etat ce qui permet un vrai contrôle. D’ailleurs hasard du calendrier, le lendemain un autre dossier étudié depuis plusieurs mois a été refusé : les antennes au sol d’Eutelsat. Il n’y a aucun jugement sur l’acheteur qui s’était présenté, le fonds suédois EQT, c’est purement la volonté de préserver un actif stratégique. Et d’ailleurs nous accompagnons Eutelsat car le gouvernement français a participé à sa recapitalisation.

Aujourd’hui y a-t-il un besoin de capitalisation plus fort d’entreprises de la défense qui nécessitebt des capitaux étrangers ?

Il peut y avoir des besoins. Pas forcément toujours sur le marché français mais des entreprises en Europe qui sont importantes. Je pense notamment aux entreprises familiales. Vous pouvez avoir une partie des membres de la famille qui voyant l’évolution du cours de ces entreprises dans un contexte favorable peuvent être tentés de vendre pour valoriser leur actif.

La Direction générale de l’armement a listé environ 1000 entreprises stratégiques, combien sont en risque ?

Je ne donnerais pas de chiffre là-dessus et en l’occurrence l’entreprise familiale à laquelle je pense est une entreprise qui n’est pas à capitaux français mais c’est une grosse entreprise européenne. Des gens qui comptent beaucoup dans le secteur de la défense.



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