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la Banque européenne d’investissement passe à la vitesse supérieure dans la défense

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Lu il y a 5 minutes



Après avoir hésité à regarder le secteur pendant de longues années, la Banque européenne d’investissement a changé de braquet dans le financement de l’industrie de la défense en 2025, a annoncé son vice-président mardi 3 février à Paris.

Le virage de la Banque européenne d’investissement (BEI) en faveur de l’industrie militaire se confirme. Alors que l’institution financière de l’Union européenne (UE) a longtemps apporté un soutien timide au monde de la défense, elle a finalement déboursé quatre milliards d’euros dans ce secteur en 2025, dont 670 millions d’euros en France, a indiqué son vice-président Ambroise Fayolle mardi 3 février à Paris.

Lors de l’annonce de son changement de doctrine en mars 2025, qui permet désormais à la banque de financer plus librement la défense, sans aller jusqu’aux armes et aux munitions, l’institution avait mentionné avoir atteint le milliard d’euros de soutien pour ce secteur en 2024. Et elle prévoyait seulement d’arriver à la barre des deux milliards d’euros en 2025.

L’objectif a donc été largement dépassé. «La défense est devenu un secteur important pour notre activité. C’est une nouvelle priorité, aux côtés du climat, de l’innovation et de la cohésion de l’UE. Et cette priorité rencontre la demande des grands groupes, PME et start-up», a déclaré Ambroise Fayolle. Pour autant, le groupe BEI, qui comprend aussi le Fonds européen d’investissement, ne se fixe pas d’objectifs dans la défense en 2026. «Cela dépendra des projets, mais nous sommes confiants de pouvoir faire au moins autant que cette année», a poursuivi son vice-président. Pour le moment, le groupe ne prévoit pas non plus de financer des activités d’armement plus lourdes comme la production de canons, d’avions ou de sous-marins.

Un réveil certain, mais encore limité

Si le réveil de la BEI est certain, il n’en demeure pas moins limité. En 2025, les financements du groupe BEI se sont élevés à 100 milliards d’euros au total et le domaine «sécurité et défense» pèse juste un peu plus que celui de l’égalité de genre (3 milliards d’euros) et moins que l’eau et l’assainissement (5 milliards). «Ce sont des financements qui n’auraient pas été autorisés il y a encore deux ans. Auparavant, nous pouvions financer un projet dual, comme nous l’avions fait pour un projet de recherche [du groupe d’aéronautique et de défense italien, ndlr] Leonardo pour un hélicoptère à usage civil et militaire. Mais les revenus de la partie civile devait excéder les revenus de la partie militaire, ce qui limitait le nombre de projets à soutenir», a insisté Ambroise Fayolle.

En France, Thales a ainsi bénéficié d’un prêt de 400 millions d’euros, le premier de son histoire auprès de l’institution européenne. Celle-ci a également financé le spécialiste des technologies de connexion entre les stations terrestres et les satellites Cailabs, à hauteur de 37 millions d’euros, ou encore l’entreprise de cybersécurité Gatewatcher avec un prêt de 25 millions d’euros. En parallèle, la banque de l’UE a accordé un financement de 150 millions d’euros à BPCE, l’opérateur des réseaux Banque populaire et Caisse d’Epargne, pour soutenir les PME et ETI de la BITD. Le Fonds européen d’investissement, sa filiale, a lui investi 30 millions d’euros dans le fonds de 270 millions d’euros entièrement dédié aux PME et ETI de la BITD de la société de gestion Sienna.

La France, premier bénéficiaire de la BEI

La BEI opérera-t-elle un virage similaire sur l’industrie nucléaire ? Pour le moment, il n’est pas question pour elle de financer la construction de nouveaux réacteurs, comme celle des EPR2 en France. En revanche, la banque a accordé en 2025 un prêt de 400 millions d’euros pour l’extension de l’usine d’enrichissement d’uranium d’Orano Tricastin. «Dans le nucléaire, nous pouvons soutenir des projets de R&D, de sécurité nucléaire et d’enrichissement d’uranium, a souligné Ambroise Fayolle. Chaque année des projets nous sont soumis et la possibilité de les financer est de moins en moins un débat au sein de notre conseil d’administration [où sont représentés les Etats membres de l’UE, ndlr] Alors un jour peut-être…

En attendant, la France peut se consoler avec cette donnée : il s’agit du pays ayant le plus profité de l’argent du groupe BEI en 2025, avec 13 milliards d’euros déployés pour ses entreprises.



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