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l’avenir de l’usine John Deere d’Orléans passe par l’électrique… mais aussi par le diesel

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Lu il y a 5 minutes



Malgré le ralentissement du marché du machinisme agricole, John Deere confirme son engagement pour son site d’Orléans-Saran (Loiret). Le 16 janvier, le groupe américain y a inauguré un atelier de production de batteries électriques. Mais il mise en parallèle sur le diesel.

Dans un contexte économique morose pour l’agriculture européenne, le constructeur américain John Deere modernise son site de Saran, près d’Orléans (Loiret).

Après un pic d’activité en 2023, l’usine a traversé deux années de ralentissement. Comme l’ensemble du secteur, John Deere subit les effets de la profonde crise du monde agricole. «Nous sommes clairement dans un cycle bas, multifactoriel», analyse Bruno Rodique, président de John Deere France et directeur du site. Ce creux conjoncturel n’entame pas la confiance du groupe dans son implantation française. «C’est une opportunité pour préparer l’avenir et d’investir sur les fondamentaux», souligne le dirigeant.

Batteries électriques : une montée en puissance prudente

Un nouvel atelier de batteries, inauguré le 16 janvier, marque une étape importante dans la diversification du site. Dans un vaste hall automatisé, une quinzaine de salariés assemblent des cellules fournies par LG, en provenance de Chine, pour produire des packs de batteries destinés aux États-Unis. Ceux-ci équiperont le premier tracteur 100% électrique et autonome de la marque, un engin de faible puissance (195 kWh) conçu pour des cultures à forte valeur ajoutée, comme le maraîchage. Lancé en 2022, le projet a toutefois dû être revu à la baisse. Initialement chiffré à plus de 30 millions d’euros avec une soixantaine d’emplois annoncés, l’investissement s’élève finalement à 13 millions d’euros, dont 4,5 millions apportés par l’État dans le cadre du plan France 2030. «L’électrification dans le monde agricole n’accélère pas aussi vite qu’on l’avait pensé. Cela va prendre du temps», reconnaît Bruno Rodique. La production actuelle est limitée à deux packs par jour, avec un objectif de montée progressive vers une dizaine.

Après le tracteur électrique, ces batteries devraient équiper des engins de construction du groupe, mais pourraient aussi être vendus à des clients extérieurs, sur le modèle de l’activité moteurs. Orléans-Saran reste aujourd’hui la seule usine John Deere au monde à produire des batteries électriques. Un projet équivalent, envisagé aux États-Unis, a été mis en pause, faute de marché suffisamment mature.

Investissement dans les moteurs diesel nouvelle génération

Si John Deere s’engage dans l’électrification, le constructeur ne tourne pas la page du moteur à combustion. Plusieurs dizaines de millions d’euros sont actuellement investis dans le développement de moteurs diesel de nouvelle génération, plus efficients, moins énergivores et compatibles avec des carburants alternatifs (diesel renouvelable, biocarburants, biométhane). L’entrée en production de ces nouveaux modèles est envisagée à l’horizon 2028-2029. En parallèle, John Deere poursuit des travaux exploratoires sur l’hydrogène, en partenariat avec l’université d’Orléans et plusieurs acteurs industriels régionaux, sans en faire à ce stade un axe de production industrielle immédiat. «Personne ne peut prédire aujourd’hui le mix énergétique de demain. Notre rôle est d’explorer, tester et rester prêts», résume le dirigeant.

10 millions d’euros dans un nouveau magasin logistique pour composants

Autre chantier structurant : l’inauguration d’un nouveau magasin logistique de 7000m², automatisé et centralisé, représentant un investissement d’environ 10 millions d’euros. Ce nouvel équipement permet de regrouper 10000 références de composants auparavant dispersées, de réduire fortement les flux de transport et d’améliorer la réactivité de la production. Avec près de 1800 salariés en France, dont environ 800 à Orléans-Saran, John Deere confirme ainsi son attachement à son outil industriel français. Dans un secteur cyclique par nature, le groupe fait le pari d’investir à contre-temps pour rester dans la course technologique.



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