
Commandés à l’été 2025, un millier de petits drones de pointe ont été livrés à la Direction générale de l’armement (DGA) par la start-up parisienne Harmattan AI. Capable de produire en masse au cœur de Paris, l’entreprise vient de voir Dassault Aviation entrer à son capital.
C’est une affaire rondement menée qui ravit le ministère des Armées. Vendredi 30 janvier, la Direction générale de l’armement (DGA) indiqué avoir reçu la totalité des 1000 drones Sonora commandés en juin 2025 à la start-up parisienne Harmattan AI, première licorne de l’industrie de défense tricolore (pour avoir dépassé un milliard d’euros de valorisation) qui a vu arriver Dassault Aviation à son capital. D’un poids de 1,8 kilo, pour un rayon d’action de 2 kilomètres, le Sonora est conçu pour former des soldats à utiliser et à réagir à la présence de drones sur le champ de bataille.
«[Son] architecture est entièrement modulaire, permettant de remplacer ou de réparer facilement les composants pour prolonger la durée de vie opérationnelle, indique Harmattan AI dans sa documentation technique. Cette conception réduit les temps d’arrêt, simplifie la maintenance.»
Un drone pour entrainer les soldats
Prêt au décollage en moins d’une minute, ce microdrone quadricoptère est équipé d’une caméra électro-optique de bonne résolution (720×1280). Fabriquée par l’entreprise française Lynred, celle-ci peut être complétée par une seconde infrarouge pour les missions de nuit. Un argument pour Harmattan AI, qui avance que le Sonora «fournit une capacité ISR (missions de surveillance et de reconnaissance ndlr) fiable à une fraction du coût des UAV [véhicule aérien sans pilote ndlr] conventionnels». Une promesse qui a fait mouche auprès de la DGA qui loue «ce drone [qui] permet de surveiller ou de reconnaître rapidement de grandes surfaces ou des zones difficiles d’accès, de jour comme de nuit».
Le prix unitaire d’un Sonora n’a pas été communiqué, la DGA indique simplement que l’opération à été réalisée à un «coût maîtrisé». Contacté par L’Usine Nouvelle, Harmattan AI n’a pas souhaité faire de commentaires sur le sujet.
Ce contrat est le cas d’école de ce que souhaite mettre en place l’État pour se fournir rapidement équipements militaires de pointe. Une expression de besoin «sommaire» a été émise fin 2024 : l’engin devait être proche de ce que l’on trouve sur le marché, ne remplir qu’une vingtaine d’exigences techniques, simplifiées, être peu cher et facile à produire. La DGA et l’armée de Terre ont ensuite discuté avec les industriels membres du pacte «drones aériens de défense».
Celui-ci permet des réunions régulières permettant aux militaires de donner leurs besoins opérationnels et aux entreprises de proposer leurs produits. «Cela a permis de raccourcir et de simplifier les procédures, résumait récemment à L’Usine Nouvelle le député François Cormier-Bouligeon (RE), auteur d’un récent avis sur l’équipement des forces armées françaises. Il n’y a plus de spécifications sur des dizaines de pages et des programmes sur des années. On a un horizon plus court qui permet de débloquer des financements pour que les entreprises innovent.»
Après un processus de sélection technique et des essais d’une demi-journée par drone candidat, c’est l’offre d’Harmattan qui a été retenue. Les drones seront engagés dans l’exercice Orion26 qui va voir 10000 soldats français réagir à une invasion de l’Europe par une puissance militaire hostile.


