Leader de l’épicerie bio, Ecotone a annoncé mardi 3 février avoir enregistré une croissance de près de 5% en 2025. Le groupe se montre satisfait de la reprise du secteur et livre ses recettes pour perpétuer cette performance en 2026.
Le bio, c’est bon. Après le creux qui a suivi la période Covid, avec des années de décroissance des ventes, les spécialistes des produits biologiques confirment leur retour à meilleure fortune. Après Léa Nature, c’est le leader Ecotone, connu pour ses marques Bjorg et Bonneterre, qui a présenté, mardi 3 février, des résultats 2025 en hausse. Son chiffre d’affaires affiche une croissance de 4,8%, à 708 millions d’euros. «La consommation est majoritairement tirée par le volume», a commenté Christophe Barnouin, président d’Ecotone. Ces derniers sont en hausse de 2,7%.
Une reprise marquée à l’export et dans les magasins spécialisés
L’entreprise se fait l’écho d’une reprise globale, alors que 40% du chiffre d’affaires est réalisé à l’export. La Grande-Bretagne (+8,7%), les Pays-Bas (+7%) ou encore l’Espagne (+5,1%) sont dans le vert. En France, «l’épicerie bio croît trois fois plus vite que le conventionnel», souligne le dirigeant, avec un chiffre d’affaires en hausse de 4,6% sur l’ensemble du rayon. Dans les magasins spécialisés, la reprise est encore plus forte (+7% en valeur, +5,5% en volume).
Les raisons de cette croissance ? Christophe Barnouin rappelle que la conjoncture est pourtant morose et que les pouvoirs publics font défaut, alors que la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a tenté à plusieurs reprises d’avoir la tête de l’Agence Bio, cette plateforme qui soutient le développement de la filière. D’après lui, les «attentes santé des consommateurs» et les craintes quant à «l’hexane» ou «l’alimentation ultra-transformée» l’emportent.
Des innovations, mais toujours pas de Nutriscore
L’entreprise souligne que, dans ce contexte, elle a su miser sur l’innovation – et continuera de le faire en 2026. Des innovations sur le segment très à la mode de la nutrition fonctionnelle, avec des produits sans sucre ajouté et enrichis en protéine ou en fibre, sont encore à attendre. Ecotone se donne un objectif de progression du chiffre d’affaires compris entre 3 et 5% pour 2026, sans pour autant prévoir d’investissement industriel pour accompagner ce retour à la croissance. L’entreprise reste par ailleurs opposée à l’affichage du Nutriscore sur ses emballages.
Vos indices

Autre clef du succès, d’après Christophe Barnouin, tient à l’accessibilité de ses marques : «Nous faisons beaucoup d’efforts pour mettre nos produits pas seulement là où les consommateurs les achètent mais là où ils les consomment», soulignant des partenariats avec McDo et Relay. L’accessibilité tiendrait aussi aux prix, Ecotone défendant un écart «minime» avec le conventionnel sur un certain nombre de ses références – sans s’engager sur un écart moyen plus global.
Une des causes du décrochage du bio ces dernières années a été sa déconnexion avec les prix du conventionnel en raison notamment de marges plus importantes pratiquées par les acteurs de la chaine alimentaire, comme dénoncé notamment par Christophe Brusset dans le livre Les Imposteurs du Bio. C’est une des métriques qu’il faudra surveiller pour savoir si le rebond du bio, en dépit de la bouderie des pouvoirs publics, sera durable.


