
Le groupe haut-savoyard Somfy, spécialisé dans les automatismes d’ouvertures et de fermetures de la maison, les moteurs de volets roulants notamment, compte supprimer près de 550 postes dans le monde, dont près de 350 en France. Il dit vouloir se tourner davantage vers les services et s’adapter aux spécificités des marchés américains et asiatiques.
Somfy compte supprimer près de 550 postes dans le monde, dont 350 en France, a indiqué, vendredi 30 janvier, le groupe spécialisé dans les moteurs de volets roulants et de stores et la connectique de la maison. «Aucun site et emplois industriels ou logistiques ne sont concernés», précise à L’Usine Nouvelle l’entreprise de Cluses (Haute-Savoie), qui compte 6500 personnes dans le monde, dont près de 2800 en France, pour 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2024.
Le projet est soumis à une procédure d’information et de consultation du Comité social et économique (CSE) pour une durée de quatre mois, indique le groupe. Qui précise qu’en France, un plan de départs volontaires devrait précéder tout départ contraint.
A l’instar de nombreux industriels du secteur du bâtiment, Somfy fait face à la crise de la construction neuve en Europe, où le groupe réalise la majorité de son chiffre d’affaires. Ce marché est considéré comme mature – en France, 80% des volets vendus chaque année sont roulants, selon le cabinet spécialisé MSI Reports – et les perspectives de croissance limitées. «Somfy fait face au ralentissement structurel du marché européen qui bascule vers un marché de remplacement», indique le groupe, qui compte transformer son modèle pour se tourner vers la rénovation.
Des relais de croissance identifiés aux Etats-Unis et en Asie
Autre enjeu pour Somfy, implanté dans 59 pays et qui compte 8 sites de production et 55 entrepôts logistiques, celui de l’adaptation aux spécificités locales. Les relais de croissance identifiés se situent aux Etats-Unis et en Asie, sur les marchés des stores d’intérieur et des rideaux motorisés. En Amérique du Nord, Somfy vend très peu de moteurs de volets roulants ni d’automatismes pour les portails, ces équipements y étant peu répandus. En conséquence, le groupe dit «repenser ses modèles d’affaires».
Par ailleurs, historiquement présent sur le marché du résidentiel, Somfy compte se développer sur celui du tertiaire, comme les écoles ou les hôpitaux, où il est peu présent.
Cette réorganisation vise aussi à simplifier l’organisation de Somfy, qui «a perdu en efficacité, notamment sur le développement de nouvelles offres», estime le groupe, qui a déjà mis en oeuvre plusieurs projets (réduction du nombre d’entités juridiques, rationalisation du portefeuille de marques, digitalisation) sans effets tangibles : stagnation des ventes, pertes de parts de marché et baisse de la rentabilité.
Ce plan est piloté par Sébastien Picot, nommé directeur général du groupe en avril 2025 en remplacement de Pierre Ribeiro, qui rejoindra la holding familiale Edify. La diversification dans les services, ainsi que le renforcement de l’innovation et de la digitalisation figuraient alors dans sa feuille de route.


