Dans la région russe de Vladimir, une cyberattaque a paralysé les outils internes d’une grande usine de pain. La production a continué, mais la chaîne administrative s’est grippée, perturbant commandes et livraisons.
Une cyberattaque visant la Vladimir Bread Factory, l’un des plus grands producteurs de boulangerie de la région de Vladimir en Russie, a perturbé la distribution de produits alimentaires, selon des médias locaux. L’entreprise affirme que ses systèmes numériques internes ont été touchés dans la nuit de dimanche, mettant hors service postes bureautiques, serveurs, gestion électronique des documents et le logiciel comptable 1C. La fabrication n’a pas été interrompue et les boulangeries ont continué à pleine capacité, mais la panne a compliqué le traitement des commandes et les livraisons. Des habitants, des magasins et des fournisseurs d’institutions sociales évoquent des difficultés contractuelles et des ruptures temporaires. Aucun auteur ni mobile n’est connu.
Quand l’usine tourne, mais que la paperasse tombe
Les pirates informatiques s’attaquent aussi à la Russie. La nuit de dimanche 25 janvier, tout bascule sans toucher aux fours. La Vladimir Bread Factory indique que ses systèmes digitaux internes ont été frappés, avec un effet immédiat sur la colonne vertébrale administrative : ordinateurs de bureau, serveurs, outils de gestion électronique des documents et surtout 1C, le logiciel de comptabilité et de gestion très répandu. Dans une industrie où les flux se pilotent à la minute, cette « panne » ne signifie pas seulement un écran noir, elle coupe l’ordonnancement, les confirmations, la traçabilité et la facturation, soit tout ce qui permet au produit de sortir de l’usine au bon moment et vers le bon point de vente.
Le paradoxe est là : la production n’a pas été affectée. Les boulangeries ont continué à fonctionner à pleine capacité. Mais la rupture numérique a déplacé le problème vers l’aval. L’entreprise explique que le traitement des commandes et les livraisons se sont compliqués. Sur le terrain, des habitants, des commerces de détail et des fournisseurs qui approvisionnent des institutions sociales signalent des difficultés à honorer les contrats existants. Dans certains magasins, des pénuries temporaires de produits de l’entreprise sont rapportées.
Les grandes enseignes de distribution reconnaissent elles aussi des perturbations de livraisons, tout en affirmant qu’il n’y a pas de manque généralisé de pain sur les étals. Cette nuance compte : elle suggère que l’incident n’a pas provoqué une crise d’approvisionnement à l’échelle des chaînes, mais plutôt des trous localisés, typiques d’un incident qui frappe la logistique documentaire plutôt que les lignes de fabrication. C’est du moins ce que tente d’affirmer les autorités locales. S’attaquer au pain, en temps de guerre, est une méthode de trouble interne à un territoire difficile à contrôler, même pour une dictature.
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Le plan B, du numérique au manuel, et l’opacité sur l’attaque
Face à l’arrêt des systèmes, la réponse opérationnelle ressemble à un retour en arrière forcé. Pour maintenir les flux, l’entreprise a basculé l’ensemble de son personnel administratif en horaires continus, 24 h sur 24, et a temporairement rétabli un traitement manuel des commandes et des expéditions. Ce type de contournement a un coût : il ralentit, multiplie les risques d’erreurs et rend la coordination plus fragile, surtout quand les livraisons doivent servir à la fois des magasins, des habitants et des institutions sociales.
La direction n’a pas communiqué de délai de remise en service complète, et présente des excuses à ses partenaires et aux consommateurs pour les perturbations. Le point le plus frustrant, pour les observateurs comme pour les acteurs de la filière, reste l’angle mort. On ne sait pas qui a attaqué, ni la nature exacte de l’incident. Dans les affaires cyber, cette zone grise est déterminante, car elle empêche d’évaluer s’il s’agit d’un sabotage, d’une extorsion, d’un accès opportuniste ou d’un incident hybride. Les informations collectées par ZATAZ dans la presse locale font penser à une cyber attaque de type ransomware, ou au téléchargement par un employé d’un virus informatique comme ce fût le cas pour la communauté d’agglomération d’Hénin-Carvin, en France, en janvier 2025.
Le cas s’inscrit toutefois dans une série d’alertes déjà vues dans le secteur agroalimentaire russe. En juin, des producteurs laitiers ont fait état de problèmes d’approvisionnement après une attaque ayant désactivé le système national de certification numérique pour les produits d’origine animale. Les entreprises avaient dû revenir aux certificats vétérinaires papier, avec des retards logistiques à la clé. En décembre, une grande usine de transformation laitière du sud de la Sibérie a, elle, subi une attaque par rançongiciel qui a chiffré ses systèmes. Des médias locaux ont évoqué un lien possible avec le soutien présumé de l’usine aux troupes russes en Ukraine, sans attribution officielle.
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