
Le barreau de Paris lance Themisia, un logiciel de gestion de cabinet pour équiper ses 35 000 avocats, en partenariat avec l’éditeur Xelya. L’objectif : centraliser la gestion des dossiers ainsi que préparer la profession à l’obligation de facturation électronique à partir de septembre 2026. L’Usine Digitale a échangé avec Louis Degos, bâtonnier de Paris, sur les enjeux de ce projet structurant.
Avec Themisia, le barreau de Paris – l’ordre professionnel des avocats parisiens – franchit une étape importante dans la transformation numérique de la profession d’avocat. L’organisation annonce ce 29 janvier 2026 la mise à disposition gratuite d’un logiciel de gestion et de facturation – en partenariat avec l’éditeur Xelya – pour ses 35 000 avocats.
Jusqu’à 70% des avocats mal équipés
« Tout part du constat suivant : le barreau de Paris, en tant qu’institution, est plutôt bien structuré, mais les cabinets d’avocats restent très sous-équipés sur le plan numérique. D’après les chiffres fournis par les éditeurs, entre 60 et 70% des avocats ne sont pas équipés de logiciel de gestion de cabinet”, explique Louis Degos, bâtonnier de Paris, à L’Usine Digitale.
Ce manque d’outils a des conséquences très concrètes : “on ne se souvient plus de quels clients on a eus, on ne suit pas clairement la facturation et les encaissements...».
Comme pour de nombreuses professions, l’aspect administratif est souvent délaissé. “Les avocats sont concentrés sur le cœur de leur métier, le droit, le contentieux, le conseil, et ils délaissent un peu l’aspect entreprise de leur cabinet”, ajoute le bâtonnier.
L’arrivée de la facturation électronique
Dans ce cadre, la facturation électronique, obligatoire à partir de 2026, a servi d’électrochoc. “Personne ne s’était vraiment inquiété de la facturation électronique qui arrive pourtant à grands pasconstate le juriste. Or la profession d’avocat est quasi exclusivement composée de professionnels libéraux. Un tiers du barreau, ce sont des collaborateurs qui facturent tous les mois leur cabinet dans une logique B2B.»
Le Barreau a ainsi sollicité les principaux éditeurs avant de s’accorder avec Xelya, éditeur de logiciels métiers SaaS, tel que Diapaz dédié aux cabinets d’avocats. Développé en marque blanche, le logiciel Themisia a été co-construit avec la société.
Entièrement gratuit
« Themisia ne coûte rien au barreau et aux avocats”, insiste le bâtonnier. “Xelya a compris que c’était l’occasion pour eux de mettre le pied dans la porte des cabinets de 35 000 avocats. Et nous, nous avons trouvé un partenaire capable de partager une vision collective, pas uniquement commerciale”ajoute-t-il.
Dans le détail, le socle gratuit couvre quatre fonctions essentielles. D’abord l’ouverture des dossiers et l’identification des clients, avec un KYC de base. Ensuite la comptabilisation du temps de travail et des diligences. Puis la génération de la facturation électronique. Enfin le suivi des encaissements et des paiements. “Cela correspond à 80% des besoins de 80% des avocats”résume Louis Degos.
Autour du socle gratuit, des briques complémentaires payantes pourront être ajoutées. Il peut s’agir d’un CRM plus avancé, d’un coffre-fort numérique, de services mutualisés ou d’accompagnement comptable. L’intégralité des services est hébergée en France, précise Xelya.
Digitaliser les cabinets pour décharger les avocats
« L’objectif ultime est d’arriver à des cabinets totalement digitalisés pour libérer l’avocat de tout ce travail administratif qu’il n’aime pas faire”, note-t-il. Ainsi, pour le bâtonnier, Themisia marque un tournant. “Cela marque une volonté de construire de vraies infrastructures numériques pour les avocats. On entre enfin dans le 21ème siècle !».
Les inscriptions à Themisia sont disponibles immédiatement avec une ouverture effective de la plateforme le 30 mars 2026.


