
Menacée de fermeture dès fin février, l’entreprise Abeil, fabricant de couettes et d’oreillers à Aurillac (Cantal), fait face à une procédure de redressement judiciaire. Soixante-sept emplois sont en jeu pour ce site industriel centenaire en quête urgente d’un repreneur.
Le fabricant de couettes et d’oreillers Abeil, implanté à Aurillac (Cantal) depuis plus de 150 ans, est sous la menace d’une fermeture imminente.
Lors d’un comité social et économique réuni le 22 janvier, la direction a annoncé l’ouverture prochaine d’une procédure collective de redressement judiciaire au tribunal de commerce d’Aurillac. Sans reprise rapide, le site pourrait cesser son activité dès le 28 février 2026. Soixante-sept emplois sont concernés.
Fondée en 1870, Abeil constitue l’un des derniers fleurons industriels textiles du Cantal. L’entreprise, installée sur le site de Baradel depuis 1991, a longtemps figuré parmi les poids lourds du secteur : jusqu’à 150 salariés, un chiffre d’affaires de 24 millions d’euros en 2005, et une production annuelle dépassant le million de couettes. Depuis 2011, elle appartient au groupe allemand Eurocomfort, aujourd’hui en difficulté financière.
Perte d’un client stratégique, Carrefour
La situation s’est brutalement dégradée en janvier, après la perte partielle d’un client stratégique. Carrefour a décidé d’arrêter certaines références produites à Aurillac, privilégiant des importations asiatiques. Un choc commercial d’autant plus difficile à absorber que le carnet de commandes d’Abeil reste rempli jusqu’à l’été 2026, selon les représentants du personnel.
Autre contrainte structurelle : le poids immobilier. L’agglomération d’Aurillac, qui a racheté les murs en 2008, perçoit un loyer mensuel de près de 16000 euros, dans le cadre d’un crédit-bail courant jusqu’en 2034. Plus de 100 échéances restent à honorer.
Se reconvertir dans le textile technique ou la literie premium
Les salariés et les élus locaux se mobilisent désormais pour trouver un repreneur industriel. «Le site est équipé, le savoir-faire est là», plaident-ils, misant sur une reprise orientée sur le textile technique ou la literie premium.


