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Qui est USA Rare Earth, cette compagnie américaine avide de terres rares françaises et désormais financée à hauteur de 1,6 milliard de dollars par l’administration de Donald Trump ?

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Lu il y a 6 minutes



Afin de soutenir une chaîne de valeur des terres rares hors de Chine, la société américaine USA Rare Earth multiplie les initiatives afin de soutenir sa stratégie de la «mine à l’aimant». Par le biais de plusieurs projets aux États-Unis – mais aussi à l’international, en particulier en France -, la société cotée au Nasdaq cherche à pourvoir aux besoins d’industries stratégiques dans son pays, telles que l’automobile, la défense, l’aérospatiale ou encore l’énergie.

Une stratégie de la « mine à l’aimant »

Fondée en 2019 par l’entrepreneur Pini Althaus – disposant de plus de 20 ans d’expériences dans le secteur minier –, la société USA Rare Earth (USAR), basée dans l’Oklahoma (centre des États-Unis), a pour dessein de sécuriser la chaîne d’approvisionnement américaine en terres rares. De l’extraction à la séparation de ces 17 éléments critiques, jusqu’à la production de métaux et d’alliages nécessaires à la production d’aimants permanents, USAR s’attèle à sécuriser chaque maillon, par de l’acquisition ou du développement de projets. Une stratégie qui se concentrait initialement à l’intérieur des frontières américaines.

Dès 2019, sa société Round Top Mountain Development, coentreprise en partenariat avec la société d’exploration Texas Mineral Resources, a lancé une évaluation économique élargie pour l’implantation d’une mine au mont Round Top, au Texas. La matière première extraite est destinée à la production de minéraux critiques (béryllium, gallium, hafnium, zirconium…), mais aussi de terres rares lourdes (dysprosium, terbium), qui seront obtenus grâce à une usine complète de séparation en construction. Cette installation devrait être pleinement opérationnelle à la fin 2028. En parallèle, USAR s’est doté d’une usine de fabrication d’aimants permanents néodyme-fer-bore (NdFeB) à Stillwater (Oklahoma), dont la mise en service commerciale est prévue au premier semestre 2026.

Booster sa croissance grâce à 3,1 milliards de dollars de financement

Une volonté de souveraineté sur la chaîne de valeur américaine, faisant écho aux aspirations de l’administration de Donald Trump. En janvier, USAR a annoncé avoir signé une lettre d’intention avec le Département du commerce des États-Unis pour accéder à un financement de 1,6 milliard de dollars. Une collaboration avec le Département de l’énergie est aussi au programme, afin de faire progresser les technologies de séparation des terres rares lourdes, en s’appuyant notamment sur des jumeaux numériques. Le futur plan d’investissement ne sera pas sans contrepartie, puisque l’administration de Donald Trump devrait prendre une participation d’environ 10 % dans USAR. En parallèle, la société minière a annoncé 1,5 milliard de dollars d’investissements privés, levés grâce à l’émission de nouvelles actions.

« Cette collaboration historique avec le gouvernement américain représente une étape décisive dans la mission d’USAR visant à sécuriser et à développer une chaîne de valeur nationale résiliente et indépendante pour les terres rares », a déclaré Barbara Humpton, directrice générale d’USAR. Sur ses projets américains, cet afflux de capitaux vient quasiment doubler les capacités des installations prévues par USAR, en comparaison des capacités initialement annoncées. Augmenter de 20 000 tonnes par jour à 40 000 tonnes par jour de capacités d’extraction pour la mine du mont Round Top, de 4 000 tonnes par an à 8 000 tonnes par an pour l’usine de séparation d’oxydes de terres rares et de concentrés de minéraux critiques de Stillwater, de 5 000 tonnes par an à 10 000 tonnes par an pour l’usine de production d’aimants néodyme-fer-bore (NdFeB)… La deadline pour l’ensemble de ces points est fixée à 2030.

Se fournir en France

Mais la soif de terres rares dépasse aujourd’hui les frontières américaines, et se poursuit chez les pays alliés. Par le biais de sa filiale britannique Less Common Metals (LCM), un fabricant de métaux et d’alliages de terres rares – dont l’acquisition par USAR s’est finalisée fin 2025 -, le groupe américain s’est notamment garanti la fourniture d’alliage de NdFeB pour son usine de Stillwater.

En parallèle, LCM est impliquée dans des projets autour de terres rares en France. En janvier 2026, la filiale a confirmé son projet de construction d’une usine de production de métaux et d’alliages d’une capacité de 3 750 tonnes par an à Lacq (Pyrénées-Atlantiques). Annoncée lors du sommet Choose France 2025, l’usine à 110 millions d’euros – notamment soutenue par le gouvernement français par le biais de crédits d’impôts directs – sera accolée au projet Caremag, de la start-up lyonnaise Carester, dont les installations pourront d’ici début 2027 recycler 2 000 tonnes par an d’aimants permanents afin de produire quelque 800 tonnes de terres rares légères (néodyme et praséodyme).

En novembre 2025, LCM faisait aussi partie des sociétés qui avaient contractualisé avec le chimiste belge Solvay, afin de s’arroger une partie des oxydes de terres rares produites sur son site historique de La Rochelle. Cet accord était triparti, passé entre le chimiste belge, LCM, et Permag, l’unique producteur américain d’aimants en samarium-cobalt (SmCo). En fournissant des oxydes de samarium purs à LCM, qui apporte son expertise en métallisation afin de produire du samarium métallique, Permag s’assure de la livraison de cet élément essentiel à la fabrication de ses aimants permanents et ses assemblages magnétiques haute performance.



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