Ad image

Dassault Aviation ne doit pas être le «bouc émissaire de ce fiasco», attaque la CGT en réponse au syndicat allemand IG Metall

Service Com'
Lu il y a 4 minutes



Les bisbilles entre industriels autour du programme d’avion de combat européen SCAF s’étendent aux syndicats. La CGT de Dassault Aviation répond aux attaques du syndicat allemand de la métallurgie IG Metall, dans une lettre que s’est procurée L’Usine Nouvelle.

Après les patrons, les syndicalistes… Le programme SCAF d’avion de combat du futur n’en finit plus de diviser les acteurs économiques et sociaux français et allemand. Dans une lettre datée du 21 janvier, la CGT de Dassault Aviation Cergy répond à IG Metall. Le 8 décembre, le puissant syndicat allemand de la métallurgie avait envoyé un courrier aux ministres allemands de la Défense et des Finances, critiquant vertement le groupe français : «Nous sommes heureux de collaborer avec des entreprises françaises, mais pas avec Dassault», écrivait le vice-président du syndicat. Le courrier affirmait également : «Nous défendons la coopération européenne et l’amitié franco-allemande. Mais Dassault bafoue les deux pour les raisons égoïstes.»

Des propos qui ne sont pas passés auprès de la CGT de Dassault Cergy, site flambant neuf de fabrication des parties avant du Rafale. Dans sa lettre à ses «camarades d’Outre-Rhin», obtenue par L’Usine Nouvelle, le syndicat indique qu’il a toujours été opposé à ce programme, dont il demande l’arrêt, mais qu’il ne peut pas «accepter que Dassault Aviation soit désigné comme bouc émissaire de ce fiasco».

Des positions divergentes sur l’avenir du programme

La CGT prend ainsi la défense du groupe : «Dassault n’a jamais demandé le SCAF (…). Echaudé par les échecs des coopérations passées, Dassault n’a accepté d’entrer dans ce programme qu’à la condition claire d’en assumer la maîtrise d’œuvre.» La CGT qualifie le programme de «moribond», et estime que «les travailleurs allemands et français n’ont aucun intérêt à être dressés les uns contre les autres pour masquer les échecs des dirigeants politiques et industriels». Elle appelle IG Metall à se joindre à elle pour exiger l’arrêt du programme. Le syndicat allemand a choisi une autre solution : dans son courrier, il soutenait la proposition d’un député allemand… d’intégrer au programme le développement d’un second avion de combat.

Depuis des mois, les dirigeants de Dassault Aviation et du franco-allemand Airbus manifestent leurs désaccords sur ce programme à 100 milliards d’euros porté par la France, l’Allemagne et l’Espagne. Le directeur général de Dassault, Eric Trappier, revendique le leadership industriel sur l’avion de combat ; celui d’Airbus, Guillaume Faury, défend un partage de la gouvernance sur l’ensemble du programme. Chacun menace désormais de se passer de l’autre.

En novembre, les chefs d’Etat et de gouvernement ont tenté de calmer le jeu et réaffirmé leur volonté de maintenir une coopération européenne sur ce programme stratégique pour la défense du continent. 2026 devait être le début des investissements sur le programme. Mais jeudi 29 janvier, le chancelier allemand Friedrich Merz a indiqué que les décisions sur l’avenir du programme avaient été reportées. Selon l’hebdomadaire allemand Stern du même jour, l’Allemagne s’est donné jusqu’à fin février pour savoir si elle abandonnait le projet ou non.



Source link

Share This Article
Laisser un commentaire