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critiqué pour avoir autorisé le rachat de LMB Aerospace par un américain, l’Etat dit garantir un contrôle du sous-traitant du Rafale via un droit de veto

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Lu il y a 4 minutes



L’américain Loar Group a reçu fin décembre 2025 l’autorisation du ministère de l’Economie pour racheter LMB Aerospace, PME corrézienne qui produit des ventilateurs et des systèmes de refroidissement pour l’aéronautique et la défense, équipant les Rafale et les chars Leclerc. Vertement critiqué par les oppositions, Bercy a défendu son choix, arguant s’être attribué une «golden share» dans l’entreprise.

Le fabricant tricolore de systèmes de refroidissement pour le Rafale et les chars Leclerc est désormais… américain. La holding Loar Group a racheté en décembre 2025 la PME corrézienne LMB Aerospace, aussi appelé LMB Fans & Motors, qui réunit une dizaine d’équipementiers de l’aéronautique et de la défense, principalement américains et anglais. Suivi de près par Bercy depuis février, en vertu de la loi sur les investissements étrangers, ce rachat s’est accompagné de conditions «extrêmement précises, extrêmement rigoureuses et extrêmement exigeantes», a martelé Roland Lescure, ministre de l’Économie et des Finances, interrogé par les journalistes à ce sujet mercredi 28 janvier.

Autant à gauche qu’à droite, de nombreux représentants politiques français ont vivement critiqué cette décision, comme un an plus tôt, lorsque le groupe américain était entré en négociations exclusives pour ce rachat en février 2025. En effet, selon le média La Lettre mercredi 28 janvier, cette discrète autorisation a été accordée contre l’avis de la Direction générale de l’armement (DGA), organe qui dépend du ministère des Armées, et sans imposer la présence de Bpifrance au capital.

Droit de veto et production maintenue en France

Roland Lescure défend une «décision intergouvernementale», qui ne «brade pas» la PME, et sans risque de perte de souveraineté française. L’Etat s’est ainsi attribué une «golden share», une action préférentielle, au capital du LMB Aerospace. Cette action, acquise via l’Agence des participations de l’Etat (APE), selon Les Echos, lui arroge un droit de veto permettant de bloquer les décisions stratégiques. Parmi les autres conditions imposées par Bercy, «le fait que cette entreprise continue à produire en France, le fait que des contrats stratégiques soient protégés», a encore soutenu le ministre.

Feu vert en poche, Loar Group a donc procédé au rachat complet de l’équipementier, pour 367 millions d’euros, plus la prise en charge de la dette nette. La vente a ainsi été officialisée le 26 décembre, via un communiqué du groupe américain… passé sous les radars.

Installé à Malemort-en-Corrèze (Corrèze), LMB Aerospace conçoit et produit des ventilateurs et des systèmes de refroidissements, qui équipent hélicoptères, avions, navires et engins spatiaux, dont un bon nombre équipe les armées tricolores. Il compte parmi ses clients Airbus, Boeing, Thales, Dassault ou encore Naval Group, mais réalise déjà environ 30% de son chiffre d’affaires aux Etats-Unis.

L’équipementier, qui compte 75 employés, s’inscrit dans une lignée de rachats de PME de la défense suivis de près par Bercy et le ministère des Armées. En février 2021, ils s’étaient opposés au rachat par un groupe américain de la PME Photonis, qui fournit des technologies de vision nocturne aux forces françaises. Idem en 2023 pour Segaut, fabricant de robinetteries industrielles pour les sous-marins de la dissuasion nucléaire et les centrales du parc nucléaire français ; celui-ci a finalement été racheté par les français Framatome et Technicatome en mai dernier. En revanche, les deux ministères ont autorisé début 2023 que l’américain Heico finalise l’acquisition d’Exxelia, qui produit des composants passifs complexes pour le Rafale ou les sous-marins nucléaires Barracuda.



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