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Accusant une baisse des ventes, Tesla abandonne la production des Model S et X pour se tourner vers l’IA et la robotique

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Lu il y a 7 minutes



Après avoir accusé une baisse de 9% de ses ventes de voitures électriques en 2025, Tesla suspend la production de son SUV Model X et de ses berlines Model S. Il prévoit malgré tout de porter ses dépenses d’investissement à 20 milliards de dollars, principalement dans la fabrication de robots humanoïdes Optimus et de taxis autonomes Cybercab. Le jeu en vaudra-t-il la chandelle ? Tesla peine déjà à séduire avec son système d’aide à la conduite FSD.

Tesla se diversifie au-delà de l’automobile. Lors de la publication de ses résultats ce 28 janvier, le constructeur américain a annoncé l’abandon de la production de ses berlines Model S et de son SUV Model X. Son patron Elon Musk entend utiliser l’espace libéré dans l’usine de Fremont, en Californie, pour fabriquer ses robots humanoïdes Optimus.

Les fonds de Tesla utilisés pour investir dans xAI… sans accord des actionnaires

Pour accompagner cette transition, le constructeur a prévu de porter ses dépenses d’investissement à plus de 20 milliards de dollars (16,7 milliards d’euros), soit presque autant que ses investissements cumulés sur 2024 et 2025. Vaibhav Taneja, CFO de Tesla, a indiqué que cette somme serait majoritairement consacrée à la fabrication de robots Optimusmais aussi aux lignes de production de ses taxis autonomes Cybercab et de son semi-remorque, ainsi qu’à la construction d’usines de production de batteries et de raffinage de lithium.

En parallèle, Elon Musk a révélé à ses actionnaires que Tesla avait investi 2 milliards de dollars dans xAI, sa start-up d’IA à l’origine du chatbot Grok, qui est par ailleurs propriétaire du réseau social X. Une opération défendue bec et ongles par le milliardaire, mais qui s’est faite sans l’approbation des actionnaires. Un référendum consultatif, qui leur avait été proposé à l’automne pour autoriser le conseil d’administration de Tesla à investir dans la start-up, s’était soldé par un rejet. L’investissement a quand même eu lieu. xAI avait levé en début d’année 20 milliards de dollarssoutenu entre autres par Fidelity, MGX, Nvidia et Cisco.

Un bénéfice net en chute de 46%

Les ventes de voitures électriques ne sont pas au beau fixe pour Tesla. En 2025, le constructeur a livré au global 1,63 million de véhicules, soit une baisse de 9% par rapport à 2024. Malgré une très légère décrue de son chiffre d’affaires (94,83 milliards de dollars, -3% vs. 2024), son bénéfice net a lourdement chuté (3,8 milliards de dollars, -46%). Un repli qui s’explique en partie par une concurrence de plus en plus intense sur le segment, notamment de la part d’acteurs chinois. BYD a ainsi pour la première fois détrôné Tesla au rang de premier constructeur de véhicules électriques au monde avec 2,2 millions d’exemplaires écoulés.

Ce virage stratégique représente un réel défi pour Tesla, régulièrement accusé d’exagérer les capacités de ses systèmes robotiques et de conduite autonome. Un robot Optimus, présenté à la foire d’art contemporain de Miami en décembre, a par exemple été observé en train d’ôter un casque invisible au-dessus de sa tête avant de tomber à la renverse. Tesla a par la suite nié que ces robots étaient téléopérés, bien qu’il réalise régulièrement des événements de ce type.

Tesla n’aurait livré que 150 robots Optimus l’année dernière

Plusieurs interrogations subsistent aussi quant aux promesses d’Elon Musk de débuter une production à grande échelle dès 2026, afin d’atteindre à terme 1 million de robots produits par an. D’après le cabinet d’études Omdia, Tesla n’aurait livré que 150 exemplaires d’Optimus l’année dernière, bien loin de son objectif initial de 5000 appareils.

Tesla prévoit en outre de lancer la production en série de son taxi sans volant ni pédales Cybercab dès le mois d’avril, avec un objectif de 2 millions de véhicules par an. Si l’on ignore les capacités de conduite autonome exactes de ce nouveau modèle, une chose est sûre : le constructeur aura fort à faire pour convaincre d’une part les automobilistes, et de l’autre les autorités réglementaires.

Les systèmes avancés d’aide à la conduite ne convainquent pas

Sur ses systèmes avancés d’aide à la conduite, Tesla a récemment abandonné Autopilot, qui offre un régulateur de vitesse adaptatif et une fonctionnalité de maintien sur la voie sur autoroute, afin d’inciter les clients à adopter son système premium, baptisé Full-Self Driving (FSD) “Supervised”.

Problème : cette solution est au cœur d’une enquête de l’agence de sécurité routière américaine (NHTSA) après des signalements faisant état de circulation à contresens et de feux rouges grillés. L’adoption de ce système, désormais disponible sur abonnement pour 99 dollars par mois, est en outre relativement lente : sur 8,9 millions de véhicules Tesla livrés à date, seuls 1,1 million disposent d’un système FSD actif, soit 12%. 300 000 nouveaux utilisateurs l’ont adopté en 2025.

Dans la conduite autonome en tant que telle, la situation de l’entreprise n’est guère plus commode. Tesla a lancé l’année dernière un “service de taxis autonomes” à Austin, avec des Model Y adaptées… qui embarquent un chauffeur de sécurité. Elon Musk a affirmé ces derniers jours avoir retiré les opérateurs de ses véhicules : en réalité, ils se situent dans une autre voiture, à proximité. Certaines voitures ont même été aperçues à contresens, en train de rouler sur le trottoir et de freiner brusquement, aboutissant à une action collective d’actionnaires pour fraude boursière.

2026 sera une année décisive pour Tesla, qui devra prouver qu’il peut tenir ses promesses en matière de conduite autonome et de robotique, et ce alors que la concurrence s’intensifie sur tous ses marchés.



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