
Le laboratoire français Servier a publié un chiffre d’affaires de 6,9 milliards d’euros pour son exercice 2024-2025, en hausse de 16%. Tous ses objectifs financiers se portent au-delà des projections grâce aux performances du groupe en oncologie et aux Etats-Unis.
Le dernier bilan annuel de Servier s’avère très positif. Le groupe français a publié le 27 janvier des résultats en forte progression pour son exercice annuel 2024-2025, clos le 30 septembre dernier.
Lors d’une conférence en ligne, Olivier Laureau, président du groupe, s’est félicité d’une «performance qui s’inscrit dans la transformation du groupe initiée il y a dix ans, avec une stratégie extrêmement claire» centrée sur les médicaments innovants, en l’occurrence avec les nouvelles priorités de développement en oncologie et neurologie. Le laboratoire commence surtout à bénéficier de résultats probants en oncologie ainsi que de très fortes progressions sur le marché américain, deux facteurs qui lui permettent de dépasser tous ses objectifs fixés.
Pour le dernier exercice fiscal, le chiffre d’affaires a bondi de 16,2%, atteignant un total de 6,9 milliards d’euros. Cette progression résulte en particulier d’une croissance de 54,6%, à 2,21 milliards d’euros, des ventes de la franchise oncologie, focalisée pour le moment sur les cancers rares du cerveau, gastro-intestinaux et sur les leucémies. Le groupe fait aussi état d’une croissance fulgurante de 70,3% de son chiffre d’affaires aux Etats-Unis, qui a atteint 1,5 milliard d’euros sur le dernier exercice, grâce aux médicaments en oncologie, en particulier avec la performance du Voranigo, indiqué dans un cancer rare du cerveau et approuvé par la FDA, l’autorité sanitaire américaine, depuis août 2024. Les Etats-Unis confortent ainsi leur position de première filiale du groupe Servier.
Des productions sous-traitées aux Etats-Unis
Malgré les droits de douane qui doivent se renforcer aux Etats-Unis sur les médicaments, logiquement à hauteur de 15%, le laboratoire surveille la situation attentivement mais n’est a priori pas trop inquiet car «les médicaments de Servier sur le marché américain sont produits aujourd’hui aux Etats-Unis», confirme Olivier Laureau. Le laboratoire français, qui est présent sur le sol américain en R&D mais pas en production, n’a d’ailleurs pas l’intention dans l’immédiat d’implanter des capacités américaines en propre. Selon Pascal Lemaire, vice-président exécutif Finance, «nous sommes positionnés aux Etats-Unis dans les maladies rares, avec peu de patients et des volumes en petites quantités. Donc des volumes trop faibles à produire et nous ne pouvons pas soutenir d’investissement dans une usine mais nous avons des partenariats avec des CMO [sous-traitants, ndlr] locaux».
Des objectifs financiers dépassés
Les autres indicateurs financiers de Servier présentent aussi des progressions d’envergure. Dans le chiffre d’affaires, les ventes de génériques ont bénéficié d’une croissance de 10,3%, à 1,55 milliard d’euros. Ce qui englobe encore les ventes de Biogaran, dont la cession à BC Partners devrait désormais être finalisée de manière imminente. Côté rentabilité, Servier enregistre une croissance de 47,2% de son Ebitda opérationnel, à 1,9 milliard d’euros, et un bond de 63% de son résultat net, à 659 millions d’euros.
Ces résultats permettent à Servier d’être en avance sur toutes ses prévisions financières qui étaient de 6 milliards d’euros de ventes en 2025 pour un Ebitda de 1,3 milliard, et des ventes en oncologie de 1 milliard, contre deux fois plus désormais. Malgré cette avance, le laboratoire entend accélérer davantage. Claude Bertrand, vice-président exécutif R&D compte sur les développements du groupe dans le digital, en particulier l’IA et le traitement des données «pour gagner entre deux et quatre ans sur les temps de développement de médicaments à horizon 10 ans». Au lieu de 12 à 15 ans de délai entre la découverte d’une molécule et sa mise sur le marché, il vise «passer sous la barre des 10 ans» grâce aux progrès dans le numérique.
Le laboratoire attend aussi beaucoup de ses développements en neurologie. Servier dispose de trois programmes en développement préclinique et de neuf projets de recherche dans cette aire thérapeutique, focalisés sur des maladies très rares comme les troubles du spectre autistique, des neuropathies périphériques ou des épilepsies réfractaires. Enfin, comme les partenariats et acquisitions demeurent aussi un accélérateur de développement, Servier entend continuer d’investir sur ce schéma et a même constitué depuis début 2026 un fonds d’investissement dédié, Servier Ventures, doté de 200 millions d’euros, pour investir dans les biotechs innovantes.


