
Le géant néerlandais ASML a annoncé mercredi 28 janvier un bénéfice net de 9,6 milliards d’euros pour 2025, en hausse de 26%. Pour autant, le fabricant de machines de pointe pour les semi-conducteurs prévoit 1700 suppressions de postes. Explications.
Il est rare qu’une entreprise annonce simultanément un bénéfice record et des suppressions de postes. C’est pourtant ce qu’a fait ASML lors de la présentation de ses résultats jeudi 28 janvier. Sur l’année 2025, le géant néerlandais, qui fabrique des machines de pointe pour la production de semi-conducteurs, a vu son bénéfice net bondir à 9,6 milliards d’euros, contre 7,6 milliards d’euros pour 2024, avec un chiffre d’affaires net total de 32,7 milliards d’euros. Le groupe a pour autant annoncé dans la foulée la suppression de près de 1700 emplois, sur environ 44000 salariés dans le monde.
«Cette décision n’a pas été prise parce que nous sommes en difficultés ou pour faire des économies, a clarifié lors d’un point presse le français Christophe Fouquet, PDG d’ASML depuis 2024. Nous l’avons prise parce que nous sommes en croissance et que notre organisation s’est complexifiée. Quand nous écoutons les retours de nos équipes, de nos fournisseurs et de nos clients, il apparaît que nous manquons d’agilité. Or nous devons être capables de répondre plus facilement à leurs demandes.»
Revoir l’organisation des équipes technologiques
Le groupe basé à Veldhoven, dans le sud des Pays-Bas, veut revoir l’organisation de ses équipes technologiques, afin de ne pas perdre en capacité d’innovation. L’équipe Ingénierie et développement (dite D&E) – le plus grand département de R&D d’ASML, qui compte 16000 salariés – devrait être la première impactée. «L’innovation est au cœur du succès d’ASML, a rappelé Christophe Fouquet. Or quand une entreprise grandit et connait le succès, elle doit s’assurer de conserver sa capacité d’innovation. Aujourd’hui, nous voulons plus d’ingénieurs, mais moins de management.»
ASLM n’a cependant pas prévu d’embaucher des centaines d’ingénieurs. «Beaucoup d’ingénieurs se plaignent de passer trop de temps en réunions et à rendre des comptes à leurs managers : nous voulons leur redonner du temps et la pleine capacité de réaliser leurs missions», a détaillé le PDG, précisant que l’entreprise continuerait d’embaucher en fonctions de ses besoins.
Une croissance tirée par l’IA
Dans le même temps, ASML a présenté des résultats record sur bien des aspects. Outre le bond de son bénéfice net, le groupe a vu ses commandes nettes s’envoler au dernier trimestre 2025, pour atteindre 13,2 milliards d’euros, contre 5,4 milliards d’euros à la même période l’année passée. «Le contexte économique a longtemps été incertain en 2025, mais la fin de l’année a clarifié les choses : nos clients sont désormais plus confiants dans l’essor de l’IA et ils investissent pour accroître leurs capacités de production», s’est félicité Christophe Fouquet.
Leader des systèmes de lithographie extrême ultraviolet, dite EUV, indispensables pour fabriquer les puces les plus avancées, ASML a annoncé que ses ventes dans ce domaine ont bondi de 39%. Tous les produits du groupe sont en croissance. Et la dynamique devrait se poursuivre en 2026 estime la direction, qui a donné ses prévisions : elle table sur un chiffre d’affaires net compris entre 34 et 39 milliards d’euros, dont plus de 8 milliards dès le premier trimestre.


