
Le sous-traitant suisse Lonza voit sa stratégie de transformation validée par une croissance de plus de 20 % en 2025. Pour l’année à venir, la CDMO devrait poursuivre cette dynamique avec une progression espérée à deux chiffres.
Il y a un an, Lonza affichait des résultats inhabituellement mitigés. Ces dernières années, le spécialiste suisse, et un des leaders mondiaux de la sous-traitance pharmaceutique, avait multiplié les exercices réussis, soutenu notamment par la demande en matière de bioproduction. Il avait, aussi, encaissé le contrecoup du Covid-19 et le départ surprise, en 2023, de son patron, Pierre-Alain Ruffieux.
Soucieuse de ne pas s’endormir sur ses lauriers, l’entreprise avait annoncé, fin 2024, un vaste plan de réorganisation pour s’aligner sur les segments les plus profitables de la sous-traitance pharma. Priorité aux produits biologiques intégrés, aux synthèses avancées (incluant les petites molécules) et aux « modalités spécialisées » (comprenant les produits innovants issus de la fermentation bactérienne ou encore les ARNm). Lonza annonçait aussi son intention de se séparer de son activité dédiée aux gélules, pour laquelle la CDMO dispose d’un site en France, à Colmar.
Une croissance malgré les remous à l’international
Les résultats annuels sont l’occasion de prendre le pouls d’une entreprise qui a officialisé le lancement de son nouveau modèle en avril dernier. Et Lonza peut se féliciter d’être dans une dynamique porteuse pour déployer son nouveau plan. La CDMO a connu une croissance de près de 20 % (19,2 % d’une année à l’autre), à périmètre constant, pour atteindre un chiffre d’affaires de 6,5 milliards de francs suisses (7 Mrds €).
La rentabilité de la CDMO continue aussi de progresser, avec un Ebitda atteignant 31,6 %. « 2025 a été une année forte », a souligné Wolfgang Wienand, le p-dg du groupe. « Face à la volatilité géopolitique et économique, notre modèle, encore une fois, prouve sa résilience et tient la promesse de diluer les risques grâce à l’offre technologique la plus variée », a-t-il ajouté.
Le site Lonza de Vacaville rapporte déjà gros
Dans le détail de ses ventes, la production de biologiques a bondi de plus de 30 %. Lonza souligne le momentum sur la production par cellules de mammifères. Sur ce segment, il a pu aussi s’appuyer sur son site américain de Vacaville, racheté à Genentech en 2024, pour 1,1 Mrd CHF. À elle seule, l’usine, qui devrait tourner à plein à l’horizon 2030, rapporte déjà 0,6 Mrd CHF. Sur ce site, qui concentre plus d’un tiers des capacités de production par cellules de mammifères outre-Atlantique, Lonza se félicite d’avoir signé un cinquième contrat à long terme.
Lonza très confiant sur la tendance à la sous-traitance
Du côté des petites molécules, Lonza surfe sur la demande pour les ADC (anticorps conjugués) ainsi que pour les principes hautement actifs (HPAPI). Le segment progresse de 21 %.
Depuis l’annonce de son plan, l’activité liée aux gélules n’a pas trouvé preneur, elle est comptabilisée à part dans les résultats de l’entreprise mais a tout de même rapporté plus d’un milliard de francs suisses.
« Le rationnel économique d’externalisation vers les CDMO reste inchangé », note l’entreprise. De quoi rester optimiste pour l’année en cours. Pour 2026, Lonza projette une croissance de ses ventes comprise entre 11 et 12 % et un Ebitda qui pourrait franchir les 32 %.


