
EngineAI, cinquième fabricant de robots humanoïdes au monde, va travailler avec la start-up pékinoise de capsules habitables InterstellOr. L’objectif ? Lancer un programme d’exploration spatiale avec ses appareils PM01. Les deux entreprises vont ainsi étudier la manière dont ces robots s’adaptent à l’environnement spatial et les tâches qu’ils pourraient réaliser en mission.
Les robots humanoïdes pourraient bientôt accompagner les astronautes lors de vols suborbitaux commerciaux. EngineAI, start-up chinoise spécialisée dans la fabrication de robots humanoïdes, a annoncé le 26 janvier la signature d’un partenariat stratégique avec la jeune pousse InterstellOr, à l’origine de capsules habitables et réutilisables.
Le programme d’exploration spatiale mis en place par les deux entreprises permettra d’étudier les capacités du robot humanoïde PM01 d’EngineAI à différentes tâches dans l’espace. Les robotsau sens large, peuvent réaliser différentes opérations de maintenance d’équipements lors d’inspections extravéhiculaires et d’exploration dans certains environnements hostiles. Ce partenariat vise aussi à tester la résistance de ces systèmes d’IA physique aux conditions spatiales et à mettre à profit les missions réalisées pour des applications industrielles sur Terre.
23 degrés de liberté et une rotation du torse à 320 degrés
Présenté en décembre 2024, le PM01 d’EngineAI est doté d’une sérieuse motricité : il dispose de 23 degrés de liberté – ou mouvements indépendants, peut effectuer une rotation de sa taille jusqu’à 320 degrés et a été le premier humanoïde au monde à réaliser un salto avant. Petit gabarit (1,40 m de haut pour 42 kg), le PM01 est équipé de nombreuses caméras, dont certaines de profondeur, d’un lidar et de plusieurs systèmes de contrôle de mouvement à la milliseconde et de maintien d’équilibre.
Comme de nombreux robots humanoïdes chinoisle PM01 est proposé à un prix ultra-compétitif : 88 000 yuans, soit environ 10 600 euros. InterstellOr, de son côté, a levé le voile en début d’année sur CYZ1, une capsule spatiale habitable capable d’accueillir sept personnes. Les vols sont relativement rapides : le vaisseau est conçu pour franchir la ligne de Kármán, à 100 kilomètres d’altitude, offrant aux passagers une sensation d’apesanteur pendant trois à six minutes. La démarrer planche sur un premier lancement en 2028.
Une première dans les vols commerciaux
Le PM01 d’EngineAI pourrait ainsi devenir le premier robot humanoïde à aller dans l’espace dans le cadre d’un vol commercial. Le Robonaute 2 (R2), développé conjointement par la NASA et par le groupe General Motors, avait fait ses “premiers pas” à bord de la Station spatiale internationale en 2011 après avoir été acheminé depuis la navette Discovery. Capable de réaliser des tâches de maintenance, le R2 avait été rapatrié pour réparation sept ans plus tard.
L’agence spatiale russe avait fait de même en 2019 avec Fiodor, un humanoïde d’1,80 mètre pour 160 kg envoyé via le vaisseau Soyouz. À noter que la NASA travaille également avec la start-up Apptronik afin d’adapter l’humanoïde de ce dernier à une utilisation sur la Lune et sur Mars. L’espace présente toutefois de nombreux défis pour les systèmes d’IA physique, simulés et entraînés avec des outils basés sur le monde terrestre. Reste donc à savoir si les robots humanoïdes parviendront à s’adapter à des contraintes particulières de gravité, de température et de rayonnement radioactifs.
Fondée en octobre 2023, EngineAI a dévoilé en décembre son dernier modèle d’humanoïde, le T800. Plus grand que le PM01, le T800 est conçu pour une large gamme d’applications industrielles, logistiques et de services. Il peut fonctionner pendant quatre heures d’affilée grâce à un système de refroidissement des articulations et dispose de 29 degrés de liberté. D’après le cabinet OmdiaEngineAI a livré 400 robots humanoïdes en 2025, ce qui place la start-up à la cinquième place mondiale derrière les chinois AgiBot, Unitree, UBTech et Leju Robotics.


