
C12 et l’israélien Classiq annoncent un partenariat, ce 26 janvier, pour faciliter le codage d’algorithmes quantiques sur les qubits de spin de la deeptech française. Selon son PDG, Pierre Desjardins, l’intégration de l’émulateur de C12 devrait accélérer le passage à l’échelle de cette technologie et sa future adoption dans les centres de calcul intensif.
Si les ordinateurs quantiques (QPU) aptes à « révolutionner » l’industrie ne sont pas encore prêts, la filière s’est mise en ordre de marche pour en simplifier la programmation. C’est l’objet du partenariat, dévoilé ce 26 janvier, entre C12, deeptech francilienne qui développe un ordinateur quantique à base de nanotubes de carbone (une architecture singulière de qubits de spin), et Classiq, dont la plateforme logicielle facilite la création d’algorithmes quantiques. Cette start-up israélienne, qui se veut le « WordPress » de l’informatique quantique, avait empoché 110 millions de dollars en mai 2025.
« À C12, on se concentre sur le hardware et la couche de contrôle bas niveau, explique Pierre Desjardins, PDG de C12. Pour la couche applicative et la mise en forme des algorithmes quantiques, on s’appuie sur les solutions logicielles existantes telles que Qiskit (conçu par IBM, ndlr) et Tket (du spécialiste logiciel Cambridge Quantum, ndlr). Le logiciel de Classiq s’y ajoute désormais, lequel se différencie par son accessibilité auprès des développeurs même sans formation sur l’algorithmie quantique. Il propose en outre l’un des meilleurs compilateurs au monde, par sa capacité à compresser les circuits, c’est-à-dire à les raccourcir en changeant l’enchainement des opérations. »
Concrètement, l’émulateur Callisto de C12, qui simule le comportement physique des qubits de spin, est « finement intégré au logiciel de Classiq », complète Pierre Desjardins, ce qui permet « l’exécution des algorithmes quantiques directement sur Callisto depuis ce logiciel. » Classiq étoffe ainsi son portefeuille avec, pour la première fois, des qubits de spin. Au travers des services cloud Amazon Bracket, Azure Quantum et IMB Quantum, son logiciel est compatible avec les qubits supraconducteurs d’IBM et de Rigetti, ainsi qu’avec les qubits à ions piégés de Quantinuum et IonQ. Idem pour les qubits de chat d’Alice&Bob, un type particulier de qubit supraconducteur, à la suite d’un partenariat similaire en 2024 entre cette autre deeptech française et Classiq.
Outre « l’accélération du passage à l’échelle », Pierre Desjardins évoque un bénéfice pour l’intégration du calcul quantique dans les processus des supercalculateurs (HPC), à laquelle la deeptech doit se préparer : « Les utilisateurs de calcul intensif ne savent pas développer du code quantique. D’où l’importance de répondre à ce besoin avec l’apport d’une partie logicielle simplifiée ».


