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“Visio”, la riposte souveraine de l’Etat pour sécuriser les communications entre agents publics et réduire sa dépendance à Teams et Zoom

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Lu il y a 3 minutes



L’Etat souhaite reprendre la main sur ses outils de communication en généralisant “Visio”, son logiciel de visioconférence, à l’ensemble de ses services. L’objectif : remplacer les outils tiers comme Teams, Zoom ou Webex par une plateforme unifiée et maîtrisée par l’Etat.

La Direction interministérielle du numérique (Dinum) franchit une nouvelle étape dans la rationalisation des outils numériques de l’Etat. Elle a annoncé ce 26 janvier 2026 la généralisation de “Visio”, l’un des composants de La Suite Numériqueun ensemble d’outils collaboratifs conçus pour les agents du secteur public.

Remplacer une mosaïque de solutions

L’objectif est de doter l’administration d’un outil unique, maîtrisé par l’Etat, pour remplacer progressivement une mosaïque de solutions hétérogènes aujourd’hui utilisées par les agents.

La Dinum dresse le constat suivant : les administrations recourant à une très grande diversité d’outils de visioconférence, parmi lesquels “Teams, Zoom, Skype, GoTo Meeting ou Webex”. Cette dispersion complique la gestion des systèmes d’information, fragilise la sécurité des échanges et accroît la dépendance à des plateformes majoritairement étrangères.

Un déploiement progressif jusqu’à 200 000 agents

Cette situation, selon la Dinum, génère des coûts supplémentaires et limite l’interopérabilité des services. C’est pour répondre à ces enjeux que l’Etat a développé “Visio”. Lancé en phase expérimentale il y a un an, ce logiciel compte 40 000 utilisateurs et doit être déployé à terme auprès de 200 000 agents.

Sur le plan technique, Visio vise à garantir un niveau de sécurité et de confidentialité adapté aux échanges de l’administration. La visioconférence est devenue un outil principal, en particulier depuis la pandémie de Covid-19, utilisé pour des réunions interministérielles, des échanges avec des partenaires institutionnels ou le traitement de dossiers sensibles.

S’extirper des dépendances américaines

Egalement, la généralisation de “Visio” répond à une préoccupation de maîtrise technologique. En s’appuyant sur des solutions étrangères, l’administration s’expose à des dépendances juridiques et industriellesliées notamment à l’extraterritorialité de certaines législations ou aux évolutions commerciales de grands éditeurs.

La rationalisation des outils collaboratifs doit aussi permettre une meilleure maîtrise des coûts. Multiplier les licences auprès de plusieurs éditeurs internationaux représente une charge budgétaire significative, souvent difficile à piloter à l’échelle interministérielle.

La généralisation de “Visio” ne signifie pas pour autant une rupture immédiate avec l’existant. La Dinum parle d’une montée en charge progressive, le temps d’accompagner les administrations, de former les agents tout en assurant la continuité du service.

Bâtir une suite bureautique collaborative souveraine

Cette étape s’inscrit dans une trajectoire plus large : la construction progressive de la Suite Numérique comme alternative crédible aux outils bureautiques collaboratifs américains. La réussite du projet repose désormais sur la capacité à faire fonctionner ensemble la visioconférence, la messagerie, l’édition de documents, le stockage, la gestion de données et l’assistance par l’IA.



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