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L’Inde ouvre la porte aux voitures européennes avant un accord de libre-échange avec Bruxelles

Service Com'
Lu il y a 6 minutes



L’Inde et l’Union européenne pourraient sceller mardi 27 janvier un accord de libre-échange, alors que les représentants européens sont en visite officielle dans le pays sud-asiatique. New Delhi prévoit d’ores et déjà d’abaisser drastiquement les taxes douanières qui s’appliquent sur les importations de voitures européennes, de 110% à 40%.

En attendant un accord avec l’Union européenne (UE), l’Inde prévoit de réduire fortement les droits de douane sur les voitures importées des Vingt-Sept, les ramenant à 40% contre jusqu’à 110% actuellement, ont déclaré plusieurs sources, dimanche 25 janvier. Une telle mesure constituerait la plus importante ouverture à ce jour du vaste marché indien alors que les deux parties se rapprochent d’un accord de libre-échange qui pourrait être conclu dès le mardi 27 janvier prochain.

Le gouvernement du Premier ministre Narendra Modi est convenu de ramener immédiatement la taxe à l’importation sur un nombre limité de voitures en provenance du bloc des 27 États membres et d’un prix supérieur à 15000 euros, ont précisé à Reuters deux sources informées des discussions. Ces droits seront ensuite progressivement abaissés jusqu’à 10%, ont-elles ajouté, facilitant l’accès au marché indien pour des constructeurs européens comme Volkswagen, Mercedes-Benz et BMW. Le ministère indien du Commerce et la Commission européenne ont refusé de commenter.

Vin, électronique, textile, chimie…

L’accord de libre-échange pourrait être annoncé après la réunion entre le Premier ministre indien Narendra Modi, le président du Conseil européen Antonio Costa et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Ils coprésident un sommet bilatéral en Inde du 25 au 28 janvier, a déclaré l’une des sources gouvernementales indiennes.

Un responsable de l’UE a déclaré que le bloc avait pour objectif de «conclure les négociations sur l’accord de libre-échange» lors du sommet, avant que les deux parties n’entament les procédures internes en vue de la signature. L’UE et l’Inde devraient également signer un pacte de sécurité et de défense – le troisième de l’Union en Asie après ceux conclus avec la Corée du Sud et le Japon – ainsi qu’un accord de mobilité couvrant les travailleurs hautement qualifiés et les étudiants, a ajouté le responsable.

S’il est finalisé et ratifié par le Parlement européen, un processus qui pourrait prendre au moins un an, le pacte commercial stimulera les exportations indiennes vers le bloc européen, a déclaré le fonctionnaire. L’accord ouvrirait la voie à une réduction des droits de douane sur les voitures et le vin européens et à un élargissement du marché de l’électronique, du textile et des produits chimiques indiens.

Se prémunir contre les États-Unis

Les négociations, relancées en 2022 après une pause de neuf ans, ont pris de l’ampleur l’année dernière dans un contexte de tensions commerciales croissantes. En août, le président américain Donald Trump a doublé les droits de douane sur les produits indiens entrant aux États-Unis, les portant à 50%. New Delhi se cherche donc de nouveaux débouchés, et a finalisé des accords avec la Grande-Bretagne, la Nouvelle-Zélande et Oman.

La conclusion d’un accord interviendrait peu après la signature par l’UE d’un pacte commercial avec le bloc sud-américain Mercosur. L’année dernière, l’UE a conclu des accords commerciaux avec l’Indonésie, le Mexique et la Suisse. L’UE est l’un des principaux partenaires commerciaux de l’Inde ; leur commerce bilatéral a totalisé 136,5 milliards de dollars (116,29 milliards d’euros) au cours de l’exercice 2024/25 qui s’est achevé en mars.

Barrières non-douanières

«Les négociateurs tentent toujours d’aplanir les divergences sur plusieurs questions sensibles, notamment la réticence de l’Inde à réduire fortement les droits de douane sur les importations d’automobile», a déclaré une source gouvernementale de l’UE. L’une des principales préoccupations de New Delhi concerne une série de barrières non douanières. En premier lieu, les taxes sur le carbone récemment introduites par l’UE sur les importations de biens tels que l’acier, l’aluminium et le ciment. Les experts de l’industrie estiment que les possibilités d’assouplissement des taxes européennes sur le carbone aux frontières sont limitées.

L’accès en franchise de droits à l’UE pourrait ainsi contribuer à compenser les pertes subies par les exportateurs indiens de textiles et de bijoux aux États-Unis, a déclaré Ajay Srivastava, fondateur du groupe de réflexion Global Trade Research Initiative. «Un accord de libre-échange entre l’Inde et l’UE réduirait les droits de douane sur les textiles, les vêtements et le cuir, ce qui permettrait aux exportateurs indiens de concurrencer plus équitablement le Bangladesh et le Vietnam», a-t-il ajouté. L’UE importe pour près de 125 milliards de dollars de textiles par an, dont l’Inde détient une part de marché de 5 à 6%, contre 30% pour la Chine.

Avec Reuters (Rédigé par Manoj Kumar et Shivangi Acharya, avec Philip Blenkinsop à Bruxelles, version française Etienne Breban, édité par Blandine Hénault ; et par Aditi Shah et Phil Blenkinsop, version française Nicolas Delame)



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