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« caricaturale » voire « morbide », la campagne « Too much ? » de Polyvia emballe les esprits

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Lu il y a 6 minutes


« La place tique » ! Le jeu de mots de Vert résume la tonalité des nombreuses réactions. Ministre délégué chargé de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre n’a pas tardé à évoquer la démarche « inappropriée » de l’organisation professionnelle de la plasturgie et des composites. Florilège.

« Qu’on parle de moi en bien ou en mal, peu importe. L’essentiel, c’est qu’on parle de moi ! » disait Léon Zitrone (1914-1995). A l’origine de la campagne « Too much ? » de réhabilitation par l’absurde et la dérision des emballages en plastique, Polyvia peut méditer à loisir cette citation de ce journaliste et personnalité de la télévision haute en couleurs. « Le dernier recours d’une industrie aux abois » : avec ce jugement sans appel, Reporterre donne le ton des réactions aux visuels « incongrus » — « un yaourt dans un pot en poils » — choisi par l’organisation professionnelle de la plasturgie et des composites. « C’est quoi cette campagne de pub de l’industrie du plastique, dernière tentative pour sauver son business ? », fait mine de se demander le quotidien L’Humanité. La Croix titre sur la « polémique » engendrée par une « impasse sur certaines alertes scientifiques » notamment en matière de santé. « Une preuve de l’arrogance de l’industrie pétrochimique qui se gardent bien de mentionner les faits scientifiques pourtant inquiétants », renchérit le docteur Pierre-Alain Danis (Renaturons nos vies) sur LinkedIn. « La place tique », le jeu de mots du « média qui annonce la couleur » condense les propos : Vert pointe des publicités qui « font grincer des dents jusqu’au ministère ». Mathieu Lefèvre n’a pas tardé à effectivement évoquer une démarche « inappropriée ». En faisant notamment allusion à la loi Antigaspilage pour une économie circulaire (Agec), le ministre délégué chargé de la Transition écologique estime que la campagne « présente de manière caricaturale l’action publique et entretient une confusion entre les plastiques à usage unique, qui posent un problème avéré, et les autres usages encadrés ». Sous la plume de Stéphane Mandard, auteur de l’article « La campagne « Too much ? » du lobby de la plasturgie pour réhabiliter les emballages plastique », Le Monde avait ouvert le bal des réactions dès le 21 janvier.

Absurdité

Sur France Inter à l’heure du laitier le jeudi 22 janvier, Camille Crosnier (Debout la terre) remercie d’ailleurs le quotidien de lui « avoir fait découvrir Polyvia » et assène que « l’absurdité, oui, c’est peut-être la seule vérité dans tout ça » en dézinguant « la campagne de désinformation de l’industrie du plastique ». Au nom de l’organisation non gouvernementale (ONG) No Plastic In My Sea, Muriel Papin dit « merci à toutes celles et ceux qui se sont publiquement émus de cette campagne » et lance un appel à « dénoncer et à appeler à réduire les plastiques à usage unique et globalement tous les emballages à usage unique et à refuser que l’économie circulaire soit limitée au recyclage. »

Morbide

Chercheuse au sein de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), Nathalie Gontard relève la tonalité « morbide » d’une campagne qui oublie « le principe de précaution ». Même son de cloche chez Zero Waste France avec Marie Bonavita pour qui « les vraies solutions » sont du coté du réemploi et de la consigne. Députée de la Haute-Savoie, Véronique Riotton déplore « une tentative désespérée de défendre un modèle obsolète » alors que « les industriels feraient mieux de s’adapter à la transition écologique plutôt que de jouer avec la santé des citoyens et l’avenir de la planète ».

Logique

Avec pour délégué général Xavier Chastel et pour président Pierre-Jean Leduc (Demgy), Polyvia préparait depuis plusieurs mois une campagne de communication musclée entièrement dédiée à l’emballage et au conditionnement pour réhabiliter ce matériau qui a mauvaise presse. C’est donc chose faite en janvier 2026. En adoptant la signature « Les emballages plastiques : pas systématiques mais souvent logiques » afin de « remettre de la logique dans le débat », l’organisation professionnelle a choisi de jouer la carte de l’absurde pour faire passer ses messages relayés par se site www.les-emballages-plastiques.fr .

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Toxicité

Accessible en ligne, l’étude « Emballages en transition » commandée à Quantis délivre notamment des données scientifiques relatives aux analyses de cycle de vie (ACV) sans nier le retard avéré en matière de collecte et de recyclage. « Cette campagne ignore les centaines d’études qui s’inquiètent de l’invasion de notre monde, y compris le plus intérieur, par les matières plastiques ; invasion qui ne fait que démarrer et qui peut être qualifiée de dette de toxicité envers les générations futures », alerte Nathalie Gontard.



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