
Créée en 2024, la start-up nancéenne Weeemet a décidé de tourner le dos à la chaleur pour extraire les métaux (cuivre, or, argent, aluminium, etc.) des cartes électroniques usagées. Son procédé chimique en boucle fermée doit permettre une récupération plus efficace et moins polluante. En pleine montée en puissance elle vise l’industrialisation de son procédé à l’horizon 2030.
Créée en avril 2024 à Nancy, la start-up Weeemet mise sur l’hydrométallurgie pour extraire les métaux contenus dans les cartes électroniques usagées : cuivre, étain, zinc, aluminium, argent et or. «C’est une source stratégique pour l’Europe, face à des gisements primaires inaccessibles», souligne sa cofondatrice et PDG, Alexandra Noirault, ingénieure diplômée de l’ENSG de Nancy. Contrairement à la pyrométallurgie, jugée trop polluante et moins efficace, Weeemet utilise des procédés chimiques à base d’eau, moins émetteurs de CO2. Les cartes sont broyées, délaminées grâce à la technologie de Mob-E-Scrap, puis triées par tamisage, table à secousses et séparation magnétique.
275 kilos de métaux récupérés dans une tonne de déchets
D’une tonne de déchets, la jeune pousse obtient jusqu’à 275 kg d’aluminium et de métaux précieux. Les métaux ferreux, peu intéressants, sont écartés. Deux voies sont explorées pour cristalliser les métaux : la lixiviation dans une solution sulfurique, adaptée à chaque élément, et l’électrométallurgie, qui dissout sélectivement certains métaux via l’électricité. L’eau et les acides sont réutilisés, formant une boucle fermée. Weeemet cible le cuivre, qui représente jusqu’à 20 % des circuits imprimés et dont la valeur croît. Ses essais confirment la rentabilité du procédé. Soutenue par la région Grand Est et par Bpifrance, la start-up prépare une ligne pilote près d’un grand centre de tri et poursuit ses recherches pour extraire aussi le zinc, l’aluminium, l’étain et les plastiques.


