
La frégate de la marine sud-africaine SAS Amatola doit partir dimanche 25 janvier pour le premier déploiement à l’étranger de la marine sud-africaine depuis une décennie, lorsqu’elle s’embarquera pour l’Inde pour participer à une série d’événements de grande envergure organisés par la marine indienne. Il s’agit notamment de l’International Fleet Review (IFR) et de l’exercice naval multinational MILAN.
Tous les événements auront lieu à Visakhapatnam, la porte maritime orientale de l’Inde et siège du commandement naval oriental de la marine indienne.
Organisée tous les dix ans, la marine indienne devrait organiser sa revue internationale de la flotte à Visakhapatnam le 18 février 2026, mettant en valeur l’expansion et la modernisation rapides des capacités navales de l’Inde. Parmi les points forts, citons l’INS Vikrant, le premier porte-avions construit en Inde. Les navires de la marine indienne seront rejoints par des navires de plus de 100 pays participants, déployant des navires de guerre, des sous-marins, des avions et des délégations de haut niveau.
En complément de l’IFR, un exercice naval multilatéral et le conclave des chefs du Symposium naval de l’océan Indien (IONS) auront lieu simultanément, favorisant ce que la marine indienne décrit comme un dialogue stratégique plus approfondi et une synergie opérationnelle.
Un séminaire maritime international aura lieu le 19 février 2026, suivi du Conclave des chefs de l’ION le 20 février. Le vice-amiral Monde Lobese, chef de la marine sud-africaine, est attendu. Au cours du conclave, au cours duquel la marine indienne assumera pour la deuxième fois la présidence de l’IONS, les chefs navals de 25 États membres, neuf pays observateurs et partenaires invités délibéreront sur la sécurité maritime, l’aide humanitaire et les secours en cas de catastrophe (HADR) et le partage d’informations.
L’exercice MILAN 2026 est la 13e édition de l’exercice naval multilatéral biennal phare de la marine indienne, qui comprendra des phases portuaires et maritimes, axées sur l’interopérabilité, la connaissance du domaine maritime, la guerre anti-sous-marine, la défense aérienne et les opérations de recherche et de sauvetage. L’exercice simulera des environnements de menace hybrides, mêlant opérations cinétiques et guerre cybernétique et informationnelle, permettant aux marines participantes de traduire l’engagement diplomatique en cohésion opérationnelle tangible.
Les technologies émergentes, notamment les drones sans pilote, les navires autonomes et les plateformes de sensibilisation au domaine maritime basées sur l’IA, occuperont une place importante, parallèlement aux discussions sur les normes et la gouvernance pour garantir une intégration transparente. Le renforcement des capacités des petites marines et des garde-côtes constitue un autre pilier clé, avec des initiatives centrées sur la logistique partagée, la formation conjointe et les « transferts de technologies pour renforcer la résilience régionale ». Les opérations HADR seront également simulées, reflétant le mandat de la marine indienne de protéger la vie et les moyens de subsistance des civils pendant les crises.
La Phase Portuaire de MILAN aura lieu du 19 au 20 février, suivie de la Phase Maritime du 21 au 25 février. Les marins sud-africains participeront également à l’International City Parade, défilant le long du front de mer de Visakhapatnam, à RK Beach.
Historiquement, la diplomatie navale sud-africaine a inclus des déploiements notables à longue portée. En 2008, le SAS Spioenkop (F147) a effectué la toute première visite d’un navire de guerre africain en République populaire de Chine, marquant une étape importante dans la coopération navale sud-africaine-chinoise.
Le dernier déploiement majeur à l’étranger d’une frégate sud-africaine a eu lieu début 2017, lorsque SAS Amatola (F145) s’est lancé dans une mission de plusieurs mois au Royaume-Uni pour commémorer le centenaire du naufrage du SS Mendi et entreprendre une formation maritime avancée. Plusieurs ports d’Afrique de l’Ouest ont également été visités lors de ce déploiement.
Cependant, la trajectoire de missions à l’étranger aussi ambitieuses a été considérablement modifiée par une décennie de baisse des budgets et de problèmes de maintenance. L’indicateur le plus visible a été la réduction constante du nombre d’heures en mer, affectant directement la capacité de la Marine à former du personnel et à déployer des navires pour des missions à longue portée. Depuis, la présence de la marine sud-africaine s’est largement confinée aux eaux régionales.
Alors que les frégates sud-africaines ne se sont pas rendues en Chine depuis 2008 ni au Royaume-Uni depuis 2017, les marines étrangères ont continué à utiliser les ports sud-africains comme centres diplomatiques importants.
La gravité de ce déclin a été mise en évidence par l’annulation de plusieurs déploiements longue distance en 2024. Plus tôt cette année-là, Lobese a annoncé que SAS Amatola devait se rendre à Saint-Pétersbourg, en Russie, pour participer aux célébrations de la Journée de la Marine de la marine russe. Le déploiement a ensuite été abandonné après que les essais en mer nécessaires pour confirmer la fonctionnalité complète du système n’étaient pas encore terminés, soulignant la difficulté croissante de la Marine à rendre les visites diplomatiques de partenaires tels que la Russie, la Chine et l’Inde.
Au cours de la même année, une mission prévue par SAS Drakensberg (A301) pour visiter Cuba et le Brésil a également été annulée en raison de l’indisponibilité du navire de ravitaillement de la flotte.
Au moment de la publication, la SANDF n’avait pas répondu à une demande de confirmation sur le voyage historique du SAS Amatola.


