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La compagnie Air France se dit satisfaite du wifi de Starlink… mais sa patronne «souhaite» une alternative européenne

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Lu il y a 7 minutes



Malgré la polémique intervenue fin décembre, Air France mise toujours sur Starlink pour proposer du wifi à bord de ses avions. Si l’américain piloté par le sulfureux Elon Musk règne en maître sur ce créneau, Anne Rigail, la directrice générale de la compagnie aérienne, ne met pas de côté la possibilité d’opter pour une alternative européenne dans le futur.

Pour l’heure, impossible de se passer de Starlink dans les cabines d’avions Air France. Mais si demain une solution européenne aussi performante se présentait, elle pourrait bien le remplacer. Quelques semaines après la polémique qui a touché la compagnie aérienne française en raison de son recours à l’entreprise du sulfureux Elon Musk pour équiper ses avions en wifi, la patronne d’Air France, Anne Rigail, a reprécisé, mercredi 21 janvier, le positionnement de la compagnie aérienne.

«Il n‘existe pas aujourd’hui de fournisseurs européens de wifi pour le transport aérien avec un niveau de performances équivalent à celui de Starlink, a rappelé Anne Rigail, la directrice générale d’Air France, en aparté lors de la cérémonie des vœux à la presse des dirigeants d’Air France-KLM, organisée à Paris ce jour-là. Avec Starlink, on a à bord de nos avions du wifi comme à la maison. Ceci dit, c’est notre souhait à tous d’avoir accès à une solution européenne.» Impossible de savoir quelle est la durée du contrat passé avec Starlink, mais la compagnie aérienne pourrait a priori sans trop de difficultés changer de fournisseur si l’opportunité se présentait.

La flotte d’Air France sera équipée à 100% fin 2026

En clair, pour proposer du wifi gratuitement à ses passagers, comme le font la plupart des grandes compagnies aériennes, Air France assure à ce jour ne pas avoir le choix. Au grand dam de certains politiques français qui se sont insurgés, fin décembre, du contrat passé par Air France avec Starlink, suite à un tweet de la compagnie publié sur X, le réseau social appartenant à Elon Musk. L’entreprise tricolore précisait alors que 30% de sa flotte était déjà équipée en wifi très haut débit, grâce au système de l’entreprise américaine. Et que la totalité de la flotte, y compris la quarantaine d’avions régionaux, le serait d’ici à la fin d’année 2026. Soit un total d’environ 270 appareils.

«La plupart des grandes compagnies aériennes cherchent à proposer du haut débit de qualité au plus faible coût possible, explique Pacôme Revillon, PDG du cabinet Novaspace. Actuellement, dire que Starlink est au-dessus des autres acteurs en la matière, que ce soit en termes de coûts et de débit proposé, est une réalité. Cet acteur possède un avantage concurrentiel et je ne vois pas d’offres capables de vraiment le concurrencer avant deux ou trois ans.» Air France fournit un accès gratuit à l’internet très haut débit, à condition toutefois de détenir un compte Flying Blue.

Starlink reste au-dessus de la mêlée

Starlink a renversé la table de l’internet très haut débit à bord des avions, grâce à ses milliers de satellites placés en orbite basse, réduisant le temps de latence et augmentant le débit. Ils sont aujourd’hui plus de 9000 à assurer ce service. Parmi les challengers possibles, on trouve l’opérateur français Eutelsat, mais la constellation Oneweb ne compte à ce jour qu’environ 650 satellites, réduisant de facto sa capacité à concurrencer Starlink. Un autre acteur américain, Amazon Leo (ex-Kuiper) entre dans la danse et pourrait constituer à court termes une alternative à l’erratique Elon Musk, puisque piloté par Jeff Bezos.

La polémique qui a touché Air France a sans aucun doute poussé sur le terreau des tensions croissantes entre l’Europe et les Etats-Unis, le président américain Donald Trump semant à tous vents menaces et remontrances vis-à-vis des dirigeants du Vieux continent depuis plusieurs mois. De quoi faire émerger un enjeu de souveraineté européenne auparavant bien moins présent dans le transport aérien. Lorsqu’Air France avait opté pour Starlink en septembre 2024, la décision avait déjà déclenché quelques réactions indignées. La compagnie tricolore a fait le même choix que Lufthansa, Emirates, Qatar Airways ou bien encore United Airlines.

Air France satisfaite des performances de Starlink

Pour rappel, l’internet à bord a commencé à être proposé par Air France en 2016. Dès 2023, l’ensemble de la flotte d’Air France moyen et long-courrier, hors flotte régionale, était ainsi équipée pour offrir du wifi à bord, mais avec plus ou moins de fiabilité. La compagnie tricolore avait alors recours à plusieurs opérateurs, suivant ses appareils : Anuvu (A320), Intelsat/SES (A330, A220 et B777), Panasonic (B787) et Viasat (A350). Air France a sélectionné Starlink en septembre 2024 et homogénéise depuis 2025 les équipements nécessaires à la distribution du très haut débit à bord au sein de toute sa flotte.

Si le tonitruant patron de Ryanair, Michael O’Leary, ne veut pas entendre parler de Starlink pour installer du wifi dans ses avions, ce qui a récemment provoqué l’ire d’Elon Musk, Air France se félicite au contraire de son choix. Il faut dire que rares sont les compagnies low cost à se lancer dans la fourniture de wifi à bord, en raison des surcoûts qu’elle représente. «Le système de Starlink est robuste et facile à installer, a précisé Anne Rigail. Par rapport aux antennes que nous avions auparavant, fournies par d’autres opérateurs, celle de Starlink est plus petite et réduit donc la traînée.» De quoi tirer vers le bas la consommation de carburant, contrebalançant quelque peu la facture.



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