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espérant avoir touché le fond en 2025, l’industrie hexagonale du plastique aspire à la stabilité pour 2026

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Lu il y a 7 minutes



Malgré un chiffre d’affaires en chute de 4% en 2024 et un exercice 2025 « compliqué », le représentant des transformateurs de plastiques Polyvia conserve l’espoir d’une année 2026 de stabilisation.

L’année 2026 sera-t-elle celle de la stabilisation pour la plasturgie tricolore ? Chez Polyvia, le syndicat majoritaire de la profession, on veut en tous cas y croire au vu des résultats de l’enquête de conjoncture menée en décembre 2025 auprès de ses adhérents et dont elle a dévoilé les résultats le 15 janvier 2026 à Paris.

Mais l’exercice rituel a d’abord donné l’occasion à Pierre-Jean Leduc, président de l’organisation patronale et de l’ETI Demgy, de rappeler les chiffres clés du secteur, consolidés pour 2024.

« La filière Plasturgie & Composites française réunit dans son ensemble près de 203 000 salariés dans 3 976 établissements. Ceux-ci ont réalisé en 2024 un chiffre d’affaires (CA) de 82,8 milliards d’euros, soit 2,8% du PIB national. Le “Cœur plasturgie”, qui désigne les entreprises dont l’activité principale concerne la fabrication de produits en plastique et correspond au code NAF du secteur, employait en 2024 environ 120 500 personnes dans 2 935 entreprises. Celles-ci ont réalisé un CA de près de 35 milliards d’euros », précise Pierre-Jean Leduc, tenant à rappeler la force de cette industrie présente sur tous les marchés, surtout à travers un tissu de PME dont le nombre d’employés moyen est passé de 37 en 2023 à 42 en 2024.

Sur la dernière marche du podium européen

« La filière occupe la troisième place dans l’Union européenne derrière l’Allemagne et l’Italie, que ce soit en matière de CA ou de nombre de salariés. En 2024, le CA du « Cœur plasturgie » marque cependant nettement le pas avec une chute de 4%, après une baisse de 1,6% entre 2022 et 2023. Ce déclin montre que la panne de la demande à l’échelle européenne et mondiale grève sévèrement la compétitivité du secteur », analyse Bibiane Barbaza, responsable des Affaires économiques de la structure. La période 2022-2024 marque ainsi un tournant pour la plasturgie, avec un recul de CA plus marqué que celui de l’industrie en général. Les investissements ne sont cependant pas au point mort, le poids des frais de R&D dans le CA tend ainsi à augmenter pour le « Cœur Plasturgie » depuis 2019. « Le témoin d’une volonté de la profession de continuer à innover, pour répondre aux contraintes réglementaires mais aussi de résister à la concurrence internationale », décrypte Bibiane Barbaza.

Le secteur ne brille en revanche pas par ses performances à l’international avec un solde commercial déficitaire de quelques 4 milliards d’euros. L’UE demeure le premier partenaire de l’Hexagone, mais la Chine, auparavant cinquième importateur dans le pays, se hisse sur la deuxième marche du podium. Chez Polyvia, on observe toutefois que le solde commercial de la France pour les produits en plastique tend à s’améliorer depuis 2022 et semble continuer de le faire en 2025, avec un rebond de l’export sur 9 mois glissants : +3,4% entre la période janvier-septembre 2025 et la même période de 2024, alors que les importations ont quant à elles baissé d’environ 2 %.

2025 : un exercice compliqué

L’exercice 2025 s’est cependant avéré, sans surprise, compliqué. Les bilans consolidés des entreprises ne sont pas encore disponibles, mais une perte moyenne de CA des transformateurs de 10 à 15% était déjà évoqué en décembre… Un ordre de grandeur vraisemblable au vu des résultats de l’enquête de conjoncture de Polyvia. Alors que les résultats du premier semestre se situaient en dessous des prévisions pour 54 % des participants, 40% témoignent d’une baisse de l’activité au second. Un tiers font par ailleurs état d’un recul de leurs marges entre les deux périodes, même si plus de la moitié disent être parvenus à les maintenir. « La situation de la trésorerie des plasturgistes et transformateurs de composites français s’est améliorée. Elle était excédentaire pour 39% des répondants au deuxième semestre 2025, contre 30% au premier », ajoute-t-on chez Polyvia.

Pour 54% des transformateurs interrogés, la première moitié de 2026 pourrait être synonyme de stabilisation. De redémarrage, pour seulement un quart. En dépit des espoirs d’avoir atteint un plancher en 2025, toute prédiction serait bien hasardeuse au regard des situations politiques et économiques nationales et internationales. Les secteurs de l’emballage alimentaire et du médical sont ceux qui s’en sortent le mieux pour le moment… La situation de l’emballage industriel est jugée “peu rassurante”. Même les composites ont connu une baisse d’activité entre les seconds semestre 2024 et 2025. Les situations les plus critiques restent celles du bâtiment, des équipementiers automobiles, de l’emballage cosmétique et des recycleurs pour qui la situation est plus que tendue.

« Cela ne va pas si bien que ça, admet Pierre-Jean Leduc, même si le secteur résiste, notamment car il est un acteur essentiel de la décarbonation, la mère des batailles ». Le président de Polyvia fait en outre référence à la situation des moulistes « qui sont en train de disparaître » ou à celle des fabricants de machines avec l’exemple du dernier français du secteur, Billion, qui a annoncé un plan de sauvegarde de l’emploi en décembre 2025 et arrête la production de machines pour se consacrer aux services. L’organisation professionnelle appelle ainsi à « une action rapide et collective pour sécuriser l’avenir de la filière » ainsi qu’à a mise en place d’une « véritable préférence européenne qui offrirait « des débouchés concrets à l’industrie française tout en soutenant sa transformation ».



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