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“Alors que le CDI était autrefois la règle, les industriels de la pharma font de plus en plus appel à des contrats en consulting ou en freelance pour compléter leurs équipes”, note Sylvia Sansico.

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Lu il y a 4 minutes


Il y a quelques semaines, le Leem présentait son rapport annuel sur l’emploi. Un baromètre illustrant un décrochage sans précédent, avec une baisse conséquente des embauches. Décryptage avec Sylvia Sansico, en charge des recrutements pour la division Healthcare and Life Sciences du Cabinet Michael Page.

Industrie Pharma : Comment expliquer le ralentissement de l’emploi dans la pharma en 2025 ?

Sylvia Sansico : Alors que le secteur est longtemps resté préservé, il subit aujourd’hui, comme le reste de l’industrie, une crise économique en France. Une conjoncture qui se traduit par une stagnation des recrutements de la part des industriels. Les biotechs, dépendantes des levées de fonds, et plus facilement sujettes aux coupes budgétaires subissent de plein fouet ce ralentissement ; tandis que les grands laboratoires tendent à mieux résister.

De manière plus globale, la tendance reste à la réduction des effectifs en France, et plus généralement en Europe, au profit de l’Asie, qui apparait comme plus compétitive. Toutefois, certains métiers à forte valeur ajoutée restent en tension.

I.P. : Quelles sont les métiers pour lesquels les besoins demeurent importants ?

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S.S. : Les métiers de la pharma qui continuent de recruter largement sont ceux en lien avec la data – comme les data scientists ou les biostatisticiens – mais également les fonctions relatives à la qualité, la compliance, aux affaires réglementaires, et à la bioproduction – les ingénieurs de bioproduction et les techniciens en biologie cellulaire continuent par exemple d’être très recherchés. Suite à la relocalisation de certaines usines de bioproduction en France, les industriels recrutent également des chefs de projets capables d’assurer la maintenance et la qualification des process et des équipements. Globalement, les profils demandés sont ceux qui disposent d’une haute spécialisation. À l’inverse, les ingénieurs ou techniciens qui travaillent dans le secteur de la chimie sont beaucoup moins recherchés car ces activités ont aujourd’hui tendance à être délocalisées.

I.P. : Quelles sont les tendances spécifiques à la pharma ?

S.S. : Compte tenu du contexte économique, les industriels se montrent plus frileux en termes de recrutement et ont tendance à privilégier des candidats présentant des compétences transverses. Ils sont également très attachés aux « softskills », qui désignent à la fois des aptitudes techniques, mais également des qualités relationnelles essentielles pour travailler dans l’harmonie. Par ailleurs, alors que le CDI était autrefois la règle, les industriels font de plus en plus appel à des contrats en consulting ou en freelance pour compléter leurs équipes. Ce type de contrat dure généralement le temps d’un projet de 6, 12 ou 24 mois, et impacte forcément la baisse des embauches. Une tendance que l’on observe depuis la pandémie de 2020, et qui prend de plus en plus d’ampleur ces deux dernières années.



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